Monde
Les Houthis frappent l’Arabie saoudite et resserrent leur emprise sur la mer Rouge
Les rebelles yéménites ont visé une base militaire saoudienne en riposte à des bombardements, alors que leur avancée éclair leur a livré le détroit de Bab…

Les rebelles yéménites ont visé une base militaire saoudienne en riposte à des bombardements, alors que leur avancée éclair leur a livré le détroit de Bab el-Mandeb. Des dizaines de milliers de civils fuient les combats, et l’aide d’urgence manque déjà.
Les Houthis ont revendiqué une attaque de drones et de missiles contre une base militaire du sud de l’Arabie saoudite. Leur porte-parole militaire, Yahya Saree, a affirmé que les cibles étaient des dépôts d’armes et des centres de commandement d’où serait pilotée l’offensive contre le Yémen, à la base de Sharurah, tout près de la frontière. Peu avant, la défense civile saoudienne avait signalé deux blessés après la chute d’un projectile dans la région de Jiza, elle aussi frontalière.
Sur le terrain, les combattants pro-iraniens avancent vite. Partis du nord qu’ils tenaient déjà, dont Sanaa et Hodeida, ils ont pris la ville portuaire de Mokha, puis le littoral et les îles de la mer Rouge. Ils contrôlent désormais le détroit de Bab el-Mandeb, un passage que le trafic maritime vers le canal de Suez ne peut contourner. En réponse, les forces gouvernementales ont annoncé plusieurs vagues de frappes sur la zone bordant la mer Rouge, visant les Houthis près de Mokha et sur la route de Dhubab, ainsi que trois raids aériens dans la province de Taëz. Les rebelles font état, de leur côté, de bombardements saoudiens répétés.
Les combats poussent les civils sur les routes. Depuis juillet, près de 76 000 personnes ont fui, dont plus de 70 000 rien qu’à compter de septembre, avec un afflux vers Aden, où siège le gouvernement reconnu internationalement. Abdulalim Al-Rajihi, parti de Mokha, raconte avoir reçu un ordre brutal avant de s’échapper, avec une demi-heure pour partir. « On s’est enfuis avec les vêtements que l’on portait. Et on a emmené nos enfants », témoigne-t-il, en décrivant des scènes d’horreur.
L’Organisation internationale pour les migrations met en garde contre une crise de déplacement. Ses stocks d’urgence ont déjà été vidés par les opérations menées face aux inondations, alors que les besoins en abris, nourriture et eau potable explosent. À Djibouti, les autorités disent avoir vu quelque 1 400 personnes arriver du Yémen en une journée.
Ce conflit place l’Arabie saoudite sous pression, d’autant qu’elle a été visée plusieurs fois par l’Iran ces derniers mois. Le prince héritier Mohammed ben Salmane aurait appelé à deux reprises le président américain Donald Trump pour lui demander de frapper les combattants yéménites, sans le convaincre. Trump a de son côté affirmé que les Houthis lui ont demandé de ne pas s’impliquer dans la guerre au Yémen, alors que le pays a replongé dans les violences en juillet après des années de trêve, sur fond d’affrontement entre Washington et Téhéran.
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