Monde
L’escalade repart de plus belle entre l’Iran et les États-Unis
Les frappes se multiplient autour du détroit d’Ormuz. Le pétrole bondit de 4% et la trêve de juin semble définitivement enterrée.

Les frappes se multiplient autour du détroit d’Ormuz. Le pétrole bondit de 4% et la trêve de juin semble définitivement enterrée.
Moins de deux semaines après l’entrée en vigueur d’un accord censé mettre fin aux hostilités, le Moyen-Orient replonge dans une spirale de violences. Depuis l’attaque de plusieurs navires commerciaux en début de semaine, les frappes aériennes et les tirs de missiles se succèdent entre forces américaines et iraniennes. Conséquence directe sur les marchés, le baril de Brent a bondi de près de 4%, dépassant les 78 dollars. L’annonce par Téhéran d’une nouvelle fermeture du détroit d’Ormuz fait craindre une crise énergétique mondiale. Le passage stratégique, par lequel transite un cinquième du brut mondial, est devenu le symbole de ce conflit qui refuse de s’éteindre.
Le cessez-le-feu d’avril, officialisé le 17 juin, n’aura tenu que quelques semaines. Dès le départ, les escarmouches autour d’Ormuz n’avaient jamais vraiment cessé. Mais cette semaine, les affrontements ont pris une ampleur inédite. Les États-Unis ont bombardé des systèmes de défense iraniens, des radars côtiers et des bases de drones, visant notamment l’île de Qeshm et la ville de Bandar Abbas. De leur côté, les Gardiens de la Révolution ont frappé des installations américaines à Oman, au Bahreïn, au Koweït et en Jordanie. L’Iran dénonce une violation du protocole, affirmant ne pas avoir été le premier à rompre ses engagements. La Maison-Blanche, par la voix de Donald Trump, a déjà déclaré le cessez-le-feu « terminé ».
Au cœur du bras de fer, le détroit d’Ormuz reste le point de friction principal. Les États-Unis assurent qu’il demeure ouvert, tandis que Téhéran annonce sa fermeture jusqu’à nouvel ordre et n’autorise qu’un seul couloir de navigation le long de ses côtes. En toile de fond, les médiateurs qatari, pakistanais et omanais tentent de ramener les deux camps à la table des négociations. L’ONU appelle à la plus grande retenue. Mais le texte de juin est fragile, miné par des interprétations divergentes. L’Iran réclame des droits de passage, refuse de revenir à la situation d’avant-guerre, et prévient qu’il défendra le détroit comme une « arme stratégique ». De l’autre côté, Washington promet de protéger les navires civils. La guerre des nerfs est loin d’être finie.
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