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Trois hommes dans 9 m² à plus de 40°C, le quotidien des prisons belges
La canicule transforme les cellules surpeuplées en fournaises. Entre détenus à bout et surveillants sous pression, le système craque.


La canicule transforme les cellules surpeuplées en fournaises. Entre détenus à bout et surveillants sous pression, le système craque.
En Belgique, l’été 2026 frappe fort. À Namur, dans une prison du XIXe siècle, le thermomètre dépasse les 30°C à l’extérieur. Mais à l’intérieur, dans des cellules de 9 mètres carrés conçues pour deux, ils sont trois à cohabiter. Parfois même un quatrième sur un matelas posé à même le sol. Et quand la chaleur monte à plus de 40°C, les tensions explosent. Un détenu de 26 ans, juché sur le lit superposé, lâche : “C’est invivable, on est en train de crever.” Son voisin de cellule, 44 ans, tire nerveusement sur sa cigarette roulée et ajoute : “C’est horrible, inhumain. À trois, à plus de 40 degrés, on vit un calvaire.”
La fenêtre reste ouverte, mais l’air ne circule pas. Les détenus se marchent dessus. Les rares qui acceptent de parler disent tous la même chose. La chaleur rend fou. Elle empêche de réfléchir, de se calmer. Les surveillants le confirment. Julien Faessel, responsable de l’aile psychiatrique, explique que quand on a chaud, on a du mal à se tempérer. Les altercations restent rares, mais la pression monte. Christophe Tichon, surveillant depuis trente ans, parle d’un établissement “préservé” par rapport à d’autres où la pression est énorme. Pourtant, ce jour de juin, 247 repas sont distribués pour 220 places officielles. Une douzaine de matelas supplémentaires sont déployés, soit 5% des détenus.
Au niveau national, l’administration pénitentiaire compte plus de 600 matelas au sol dans ses 39 prisons. Ce chiffre a doublé depuis 2025, quand les juges ont été obligés d’appliquer les courtes peines. La directrice de Namur, Valérie Lebrun, rappelle que la surpopulation existait déjà, mais que cette décision politique a été le grain de sable. Avant juin 2025, il y avait deux ou trois matelas ici. Aujourd’hui, jamais moins de dix. Elle pointe aussi des causes plus profondes : le manque de soutien aux toxicomanes et les lacunes en santé mentale. Beaucoup de détenus sont d’abord des malades, dit-elle. La canicule ne fait qu’amplifier une crise qui couve depuis longtemps, rendant chaque mouvement plus compliqué, chaque douche, chaque préau, un risque. Et le malaise est tel que le directeur de la méga-prison de Haren, pourtant vantée comme un modèle, a démissionné le mois dernier.





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