Économie
Vincent Bolloré conteste l’impartialité du tribunal de Paris dans l’affaire des ports africains

Le milliardaire, qui doit comparaître en décembre pour corruption présumée, a saisi la Cour de cassation pour tenter de faire récuser les magistrats parisiens, une initiative qualifiée de dilatoire par le parquet.
Vincent Bolloré a engagé une nouvelle manœuvre judiciaire dans le dossier dit des ports africains. Le chef d’entreprise de 74 ans a déposé jeudi une requête devant la chambre criminelle de la Cour de cassation, estimant que le tribunal correctionnel de Paris, où il doit être jugé en décembre, ne peut plus garantir une impartialité objective. Il réclame la suspension de la procédure et la désignation d’une autre juridiction pour examiner la nullité de l’ensemble des actes.
Cette démarche intervient alors que les juges d’instruction avaient ordonné la tenue d’un procès mi-mars, visant notamment des faits de corruption d’agent public étranger au Togo entre 2009 et 2011. Vincent Bolloré, figure du monde des affaires et des médias, est poursuivi aux côtés de deux anciens cadres du groupe. Jeudi, alors que le tribunal devait fixer les modalités pratiques de l’audience, ses avocats ont fait défaut, réservant la surprise de ce recours en suspicion légitime.
Le parquet financier a immédiatement dénoncé une tactique dilatoire. Le vice-procureur Jean-Christophe Michard a souligné l’urgence de juger des faits qui remontent à dix-sept ans, ajoutant que l’accusation ferait tout pour que l’affaire aboutisse dans des délais raisonnables. Les parties civiles, dont des candidats malheureux à la présidentielle togolaise de 2010, ont également critiqué ce qu’elles considèrent comme une tentative désespérée d’échapper au jugement.
Dans leur argumentaire, les avocats de Vincent Bolloré s’appuient sur le parcours judiciaire singulier du dossier. En 2021, leur client avait reconnu les faits dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, acceptant une amende de 375 000 euros. Mais la juge Isabelle Prévost-Desprez avait refusé d’homologuer cet accord, renvoyant l’affaire à l’instruction. Elle avait en revanche validé une convention judiciaire d’intérêt public pour le groupe Bolloré, lequel avait versé douze millions d’euros pour échapper à des poursuites.
Les conseils du milliardaire estiment aujourd’hui que la déclaration de culpabilité contenue dans cette convention non homologuée, mais rendue publique sur le site du ministère de la Justice, porte une atteinte irrémédiable à la présomption d’innocence de leur client. Ils mettent en cause le tribunal de Paris et la juge Prévost-Desprez, qu’ils accusent d’avoir été désignée dans des conditions opaques. La Cour de cassation devra trancher : soit elle estime les soupçons fondés et désigne une autre juridiction, soit elle rejette la requête et ouvre la voie au procès prévu du 7 au 17 décembre.

Faits DiversEn Ligne 6 joursTrappes alerte sur les mots qui précèdent les balles
PolitiqueEn Ligne 5 joursMarine Le Pen veut transformer son congrès d’Orléans en rampe de lancement
PolitiqueEn Ligne 6 joursDarmanin veut que les patrons sachent ce que font leurs salariés pendant les violences
ÉconomieEn Ligne 6 joursMoody’s maintient la note de la France en Aa3 et offre un répit à l’exécutif
PlanèteEn Ligne 6 joursLa sécheresse vide les paniers de champignons
SociétéEn Ligne 6 jours70 000 policiers et gendarmes face à un samedi de manifestations à hauts risques
PolitiqueEn Ligne 1 jourMélenchon veut changer le patron de Bpifrance et faire gonfler l’épargne des Français
ÉconomieEn Ligne 7 joursLa France emprunte désormais plus cher que les États-Unis
















