Économie
Les marchés financiers vacillent face à la résurgence des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et à la flambée de l’inflation américaine

Les indices boursiers mondiaux ont entamé la séance de jeudi dans le rouge, ébranlés par une escalade des hostilités entre les États-Unis et l’Iran, tandis que la hausse des prix à la consommation aux États-Unis a atteint son niveau le plus élevé depuis près de trois ans.
Après avoir enchaîné des records historiques portés par le secteur technologique mercredi, les principales places financières new-yorkaises ont cédé du terrain en début de séance. Le Nasdaq a reculé de 0,30%, le S&P 500 de 0,25%, et le Dow Jones de 0,20%. Cette nervosité s’explique par la multiplication des accrochages militaires dans le sud de l’Iran, où les forces américaines ont abattu quatre drones iraniens et mené des frappes au sol, provoquant des représailles de Téhéran contre une base américaine. Ces affrontements, les plus violents depuis l’instauration d’un cessez-le-feu, menacent de compromettre les négociations sur la réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite 20% de l’offre mondiale de pétrole.
Dans ce climat d’incertitude, les cours du brut ont repris leur ascension. Le baril de Brent de la mer du Nord s’échangeait à 96,13 dollars, en hausse de 1,95%, tandis que le WTI américain grimpait à 90,83 dollars, soit une progression de 2,42%. L’envolée des prix de l’énergie depuis le déclenchement du conflit, il y a trois mois, alimente une poussée inflationniste mondiale. Aux États-Unis, l’indice PCE, mesure privilégiée de l’inflation par la Réserve fédérale, a atteint 3,8% sur un an en avril, contre 3,5% en mars, tiré par la flambée du coût de l’essence.
Les analystes anticipent un maintien durable des prix pétroliers à des niveaux élevés, même en cas d’apaisement géopolitique, en raison des besoins de reconstitution des stocks et des perturbations logistiques. La volatilité reste extrême, chaque déclaration politique ou militaire provoquant des réactions immédiates sur les marchés de l’énergie. Malgré cette pression inflationniste, les taux souverains demeurent stables, signe que les investisseurs conservent l’espoir d’un règlement rapide du conflit. Le rendement de l’obligation américaine à dix ans se maintenait à 4,48%, tandis que le Bund allemand à dix ans oscillait autour de 2,99%, sans variation notable.
Sur le marché des changes, l’euro perdait légèrement du terrain face au dollar, s’établissant à 1,1634 dollar pour un euro. L’once d’or, valeur refuge traditionnelle, reculait à 4.427,67 dollars, contre 4.453,98 dollars la veille. Par ailleurs, l’action de Dassault Systèmes chutait de 6,47% à Paris, pénalisée par l’annonce d’un partenariat entre Mistral AI et deux de ses clients majeurs, Airbus et BMW. Ce rapprochement est perçu par le marché comme un signe que les entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle pourraient supplanter les fournisseurs traditionnels de logiciels. Enfin, l’indice Philadelphie des semi-conducteurs, après avoir atteint mercredi un niveau record jamais vu depuis sa création en 1993, fléchissait de 0,64% en séance, bien qu’il reste en passe de réaliser sa meilleure performance annuelle depuis 1999.

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