Monde
Min Aung Hlaing, du généralissime à la magistrature suprême

Le chef de la junte birmane, artisan du putsch de 2021, vient d’être désigné à la présidence de l’État. Cette transition formelle consacre une emprise politique qui dure depuis plus de trois ans et marque une nouvelle étape dans la pérennisation du régime militaire.
À l’approche de l’âge réglementaire de la retraite, le commandant en chef des forces armées a orchestré la dissolution des institutions civiles en février 2021. Près de cinquante ans après son engagement sous les drapeaux, l’officier de soixante-neuf ans quitte désormais l’uniforme pour endosser les attributs civils de chef de l’État. Cette désignation intervient à l’issue d’un processus électoral organisé par la junte, dont les résultats n’ont été reconnus ni par la communauté internationale ni par les principaux mouvements d’opposition.
Son parcours reflète l’histoire récente du pays. Nommé à la tête de l’armée en 2011, au moment où la Birmanie entamait une période d’ouverture politique, il a constamment maintenu le rôle prépondérant des militaires. Les tensions avec le gouvernement civil élu n’ont cessé de croître jusqu’à l’interruption brutale de l’expérience démocratique. Le pays est depuis lors plongé dans un conflit interne complexe, où s’entremêlent résistance urbaine et affrontements avec des groupes armés ethniques.
La passation de pouvoir au sein de l’appareil sécuritaire a été soigneusement préparée. Son successeur à la tête des armées, un ancien responsable des services de renseignement, est considéré comme un homme de confiance. Cette manœuvre permet au nouveau président de conserver un contrôle étroit sur l’institution militaire, pilier du régime. Lors des récentes cérémonies officielles, le dirigeant a affirmé que le gouvernement issu des urnes bénéficierait du soutien de l’armée pour consolider un système démocratique pluraliste.
La trajectoire personnelle de l’intéressé, issu de la minorité dawei et formé au droit avant d’embrasser la carrière des armes, l’a conduit à diriger plusieurs opérations militaires controversées. Bien avant le coup d’État, son implication présumée dans des campagnes de répression, notamment contre la communauté rohingya, lui avait valu des sanctions internationales et des poursuites judiciaires. Il rejette catégoriquement toutes les accusations portées à son encontre.
Cette accession à la présidence parachève une stratégie de légitimation institutionnelle du pouvoir en place. Elle s’inscrit dans un contexte de fortes tensions internes et d’isolement diplomatique, où la perspective d’une résolution politique du conflit paraît plus lointaine que jamais.

Faits DiversEn Ligne 5 joursTrappes alerte sur les mots qui précèdent les balles
PolitiqueEn Ligne 5 joursDarmanin veut que les patrons sachent ce que font leurs salariés pendant les violences
PolitiqueEn Ligne 3 joursMarine Le Pen veut transformer son congrès d’Orléans en rampe de lancement
Faits DiversEn Ligne 6 joursAprès l’incendie de la mairie de Limoges, deux suspects interpellés
Faits DiversEn Ligne 7 joursDe foyers en camps syriens, le parcours brisé de Vanessa Bérard devant les assises
PolitiqueEn Ligne 6 joursRéunions, fermeté et rideaux baissés avant une nouvelle mobilisation
PolitiqueEn Ligne 6 joursLa police tue, ce slogan qui mine le lien entre les insoumis et les forces de l’ordre
ÉconomieEn Ligne 6 joursL’unique usine française d’obus de 155 mm au bord du dépôt de bilan
















