Société
Patrick de Carolis, un maire en sursis à Arles
L’édile, élu en 2020, fait face à une opposition grandissante et à une majorité fracturée à six mois des élections municipales.
L’horizon politique s’est assombri pour Patrick de Carolis. L’ancien journaliste, élu maire d’Arles en 2020 avec une avance confortable, voit aujourd’hui son bilan contesté de toutes parts. Alors qu’il brigue un second mandat, il doit composer avec une gauche qui se structure et, surtout, avec les dissensions au sein de son propre camp. Plus d’une dizaine de ses anciens colistiers ont quitté la majorité municipale, certains pour rejoindre des listes concurrentes. Cette défection illustre les tensions persistantes autour de sa gouvernance, qualifiée par ses détracteurs de trop personnelle et éloignée des réalités du terrain.
Le principal reproche qui lui est adressé concerne la gestion du logement. L’attractivité touristique de la cité antique, portée notamment par les Rencontres de la photographie, a pour corollaire une explosion des locations saisonnières. Ce phénomène, selon l’opposition, priverait le centre-ville de plusieurs milliers de logements et accentuerait une crise déjà palpable. La saisonnalité très marquée de l’économie locale est également pointée du doigt, laissant de nombreux commerces et restaurants en difficulté pendant la période hivernale.
Face à ces critiques, Patrick de Carolis met en avant les projets structurants de son mandat. Il évoque des programmes immobiliers, le développement du pôle universitaire, la création de nouvelles zones d’activités et d’une halle gourmande, autant d’initiatives destinées, selon lui, à créer de l’emploi et à pérenniser le dynamisme de la ville. L’édile de 72 ans justifie sa candidature par la nécessité de poursuivre cet élan, affirmant un attachement viscéral à sa ville natale.
La campagne s’annonce toutefois particulièrement âpre. Nicolas Koukas, candidat communiste à la tête d’une large union de la gauche, incarne la principale force d’opposition. Il dénonce une forme de brutalisation de la vie politique locale, évoquant par exemple l’attribution contestée d’un local municipal à son groupe, situé au-dessus d’une entreprise de pompes funèbres. D’autres candidats, comme Jecilla Regad pour La France insoumise, fustigent un supposé mépris envers les agents territoriaux et les associations des quartiers populaires.
Même la frange agricole et rurale de la vaste commune, la plus étendue de France métropolitaine, exprime son mécontentement. Rémy Benson, tête de liste du Rassemblement National et seul représentant du monde agricole, promet de se concentrer sur les problèmes du quotidien, tels que l’état des routes ou la survie des petits commerces, en opposition à ce qu’il perçoit comme du « blabla politicien ».
Dans ce contexte tendu, Patrick de Carolis devra non seulement convaincre les électeurs du bien-fondé de son action, mais aussi ressouder une majorité éclatée. Le scrutin de mars prochain s’annonce comme un référendum sur sa personnalité et sa méthode, dans une ville où les fractures sociales et politiques semblent plus visibles que jamais.
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