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La liberté de la presse au plus bas depuis 25 ans dans le monde, alerte RSF

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Un nouveau rapport de Reporters sans frontières révèle une dégradation historique de la liberté de la presse à l’échelle planétaire, avec plus de la moitié des pays désormais classés dans des situations « difficiles » ou « très graves ».

Pour la première fois depuis la création de ce classement annuel en 2002, 94 nations, soit plus de la moitié des pays étudiés, se trouvent dans une situation qualifiée de difficile ou de très grave par l’organisation. Ce chiffre contraste avec la part infime de 13,7 % enregistrée il y a vingt-trois ans. Parallèlement, la proportion de la population mondiale vivant dans un pays où la liberté de la presse est jugée bonne est passée de 20 % à moins de 1 %. Seuls sept pays du nord de l’Europe, emmenés par la Norvège, conservent ce statut. La France, classée 25e, est considérée comme étant dans une situation plutôt bonne.

Les États-Unis, rétrogradés à la 64e place, se situent désormais dans une catégorie problématique. L’organisation impute ce recul de sept places aux attaques systématiques du président Donald Trump contre les médias, mais aussi à des incidents concrets comme la détention puis l’expulsion d’un journaliste salvadorien qui enquêtait sur les arrestations de migrants, ou encore la réduction drastique des financements de l’audiovisuel public américain. Les pressions sur les journalistes se multiplient et prennent des formes variées, qu’elles soient économiques, politiques ou juridiques, en plus des violences physiques toujours présentes.

Le rapport souligne également les chutes spectaculaires de certains pays. Le Salvador a perdu 105 places depuis 2014, une dégringolade liée à la guerre contre les gangs criminels. La Géorgie, en recul de 75 places depuis 2020, subit une répression accélérée. Le Niger enregistre la plus forte baisse de l’année, perdant 37 places, symptôme de la détérioration généralisée de la liberté de la presse au Sahel, où les attaques de groupes armés et les régimes militaires se conjuguent. Le Mali et le Burkina Faso, autrefois considérés comme des fleurons en la matière, connaissent un sort similaire.

L’Arabie saoudite, où un chroniqueur a été exécuté par l’État en juin, occupe une place parmi les derniers du classement, aux côtés de la Russie, de l’Iran et de la Chine. L’Érythrée ferme la marche. En revanche, la Syrie réalise un bond de 36 places après la chute du régime de Bachar al-Assad.

L’indicateur du cadre légal est celui qui s’est le plus dégradé cette année. Les lois de sécurité nationale, les dispositions antiterroristes ou celles protégeant le secret défense restreignent de plus en plus le champ du journalisme, y compris dans des démocraties. Les procédures-bâillons, ces poursuites judiciaires pour diffamation ou diffusion de fausses nouvelles, constituent une autre arme redoutable employée à l’échelle mondiale. Le Guatemala en offre un exemple frappant avec la condamnation du fondateur d’un journal d’investigation. La France elle-même a été pointée du doigt dans une étude récente sur les médias locaux pour cette tendance.

Malgré ce sombre tableau, des instruments existent pour contrer cette dérive, comme le règlement européen sur la liberté des médias ou la directive contre les procédures-bâillons.

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