Monde
Prabowo face à la contestation : concessions limitées et fermeté affichée

Le président indonésien tente de désamorcer la crise sociale tout en qualifiant certaines actions de « terrorisme ». La rue reste mobilisée contre les privilèges parlementaires et les violences policières.
Le chef de l’État indonésien a procédé dimanche à une annonce symbolique en réponse aux mouvements de protestation qui agitent le pays depuis plusieurs jours. Il a confirmé l’abandon d’une indemnité parlementaire jugée excessive, tout en adoptant un discours résolument ferme à l’égard des manifestations qualifiées d’actes de « trahison et de terrorisme ».
Les tensions sociales, nourries par un profond sentiment d’injustice fiscale et des conditions de vie précaires, ont été ravivées jeudi après la mort d’un jeune conducteur de moto-taxi percuté par un véhicule policier à Jakarta. Cet incident a amplifié une colère déjà latente, déclenchant une série de rassemblements parfois violents à travers l’archipel.
Outre la suppression de l’allocation logement des députés – perçue comme disproportionnée –, le gouvernement a promis une enquête transparente sur le drame survenu dans la capitale. Sept policiers ont été interpellés dans ce cadre. Toutefois, ces gestes n’ont pas suffi à calmer l’exaspération populaire.
Des scènes de pillage ont visé plusieurs résidences de personnalités politiques, dont celle de la ministre des Finances Sri Mulyani Indrawati, absente au moment des faits. Le ministre de la Défense a averti que des mesures sévères seraient prises contre les auteurs de ces intrusions.
Si le président a reconnu le droit à une manifestation pacifique, il a aussi pointé des dérives qu’il estime illégales et contraires à la sécurité nationale. Des voix issues de la société civile, comme celle d’Amnesty International Indonésie, estiment que cette réponse reste insuffisante et ne répond pas aux attentes profondes des manifestants.
Face à la persistance des troubles, les autorités ont renforcé leur dispositif de sécurité dans plusieurs grandes villes, tandis que certaines écoles et administrations ont opté pour le télétravail par mesure de précaution. La plateforme TikTok a par ailleurs suspendu temporairement ses diffusions en direct afin de ne pas attiser les tensions.
La situation demeurait tendue dimanche soir, sans signe d’apaisement immédiat.

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