Monde
Cuba : la quête désespérée des familles face à la pénurie de médicaments

Dans l’île caribéenne, les pharmacies sont vides et les hôpitaux manquent de tout, plongeant les malades et leurs proches dans une lutte quotidienne pour survivre.
Jessica Rodriguez, une mère cubaine de 27 ans, consacre chaque jour son énergie à trouver les traitements vitaux pour son fils de quatre ans, Luis Angelo. Atteint d’une malformation de l’œsophage, l’enfant dépend d’une trachéotomie et de médicaments essentiels pour combattre ses multiples affections, dont l’asthme, des allergies et des crises d’épilepsie. Mais dans un pays où près de 70 % des médicaments de base manquent, son combat ressemble à celui de milliers d’autres familles.
La crise économique qui frappe Cuba depuis plusieurs années, aggravée par les sanctions américaines, a paralysé les importations de matières premières nécessaires à la production pharmaceutique locale. Résultat : les étagères des pharmacies sont vides, et même les hôpitaux manquent de matériel élémentaire comme des compresses, du désinfectant ou de l’oxygène. Les patients chroniques, comme Luis Angelo, bénéficient théoriquement d’une carte leur permettant d’acheter des médicaments à prix subventionné, mais les stocks sont souvent épuisés pendant des mois.
Face à cette pénurie, beaucoup se tournent vers le marché noir, où les prix sont exorbitants. Une plaquette de comprimés peut coûter l’équivalent de plusieurs jours de salaire, alors que le revenu moyen ne dépasse pas 54 dollars officiels – bien moins sur le marché parallèle. Certains, comme Jessica, ont dû renoncer à leur emploi pour s’occuper de leurs proches, survivant avec des aides de l’État dérisoires.
Pour tenter de pallier cette situation, le gouvernement a autorisé depuis 2021 les Cubains à ramener des médicaments de l’étranger sans taxes, alimentant malgré eux un commerce informel florissant. Des groupes WhatsApp et des plateformes en ligne permettent aux habitants d’échanger ou d’acheter des traitements introuvables dans les circuits officiels.
Dans ce contexte désespéré, des initiatives solidaires ont émergé. Le projet Palomas, par exemple, collecte des médicaments donnés par des particuliers – restes de traitements ou produits rapportés de l’étranger – et les redistribue gratuitement. Depuis sa création en 2021, plus de 179 000 personnes en ont bénéficié. Pour des familles comme celle de Jessica, ces gestes de solidarité représentent souvent la seule lueur d’espoir dans un quotidien marqué par l’angoisse et l’incertitude.

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Marcos
10 juillet 2025 at 9 h 25 min
Comment contacter le projet Palomas ?
Merci.