Économie
A 200% de droits de douane sur l’alcool européen, « le business s’arrête », craignent les professionnels

Les vins et spiritueux français sous la menace d’une taxe américaine explosive : l’inquiétude monte chez les professionnels
Les exportateurs de vins et spiritueux français sont sous le choc après la menace de Donald Trump d’imposer des droits de douane de 200% sur les alcools européens. Une décision qui pourrait mettre un coup d’arrêt brutal à un secteur déjà fragilisé.
Les professionnels du vin et des spiritueux français ont exprimé leur profonde inquiétude face à la récente annonce de l’ancien président américain Donald Trump. Ce dernier a en effet menacé de porter à 200% les droits de douane sur les alcools européens si l’Union européenne ne retire pas son projet de taxe sur le bourbon américain. Une telle mesure aurait des conséquences désastreuses pour un secteur qui représente un quart des exportations françaises vers les États-Unis, soit 3,9 milliards d’euros en 2024.
Nicolas Ozanam, directeur de la Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), a souligné l’impact catastrophique d’une telle décision. « À 200% de droits de douane, le business s’arrête », a-t-il déclaré, expliquant que cela reviendrait à tripler le prix des bouteilles sur le marché américain. Une perspective insoutenable pour un secteur qui génère 70.000 emplois en France et qui dépend fortement des exportations.
Sylvain Bersinger, chef économiste chez Asterès, a rappelé que la France représente environ la moitié des exportations européennes de boissons alcoolisées vers les États-Unis. Les vins de Bordeaux, le champagne et le cognac, fleurons de l’industrie française, seraient particulièrement touchés. David Chatillon, président du Comité Champagne, a appelé à une solution négociée, affirmant que « les vins et spiritueux ne doivent pas être l’otage d’une escalade commerciale ».
Cette menace intervient dans un contexte déjà tendu pour le secteur. Les spiritueux français subissent déjà une surtaxe en Chine, entraînant une baisse de 25% des exportations de cognac et d’armagnac vers la région Asie-Pacifique. Olivier Goujon, directeur de l’interprofession de l’armagnac, a exprimé son alarme face à cette nouvelle menace, soulignant que les États-Unis sont le deuxième marché d’exportation en valeur et en volume.
Les professionnels du secteur espèrent que les gouvernements français et européen prendront des mesures pour éviter une escalade commerciale. Laurent Saint-Martin, ministre du Commerce extérieur, a affirmé que la France ne souhaitait pas de guerre commerciale, mais qu’elle ne se laisserait pas intimider par des menaces. L’avenir des exportations de vins et spiritueux français vers les États-Unis reste incertain, mais une chose est sûre : les enjeux économiques et politiques sont colossaux.

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