France
Une page se tourne pour Lille, Martine Aubry quitte la mairie et désigne son successeur


Après 24 ans à la tête de Lille, Martine Aubry annonce sa démission et désigne son premier adjoint, Arnaud Deslandes, comme successeur. Un moment chargé d’émotion pour l’emblème socialiste, qui laisse derrière elle une ville transformée.
Lors d’une conférence de presse empreinte d’émotion, Martine Aubry, maire de Lille depuis 2001, a officialisé jeudi 6 mars 2025 son départ de la mairie pour « mi-mars ». À 74 ans, l’ancienne ministre, figure majeure de la gauche française, a déclaré : « Le temps est venu de passer la main à une nouvelle génération. » Elle a choisi de confier les rênes de la ville à son premier adjoint, Arnaud Deslandes, 42 ans, qu’elle décrit comme un fidèle collaborateur partageant ses valeurs de solidarité et de lutte contre les inégalités.
Arnaud Deslandes, diplômé de Sciences Po Lille, a gravi les échelons au sein de la mairie depuis son arrivée en tant que stagiaire en 2005. Directeur de cabinet puis adjoint chargé de la solidarité, il incarne pour Martine Aubry la continuité de son action. « Il a porté de grandes transformations dans la ville et partage les mêmes priorités que moi », a-t-elle souligné, tout en essuyant quelques larmes.
Martine Aubry a longuement défendu son bilan, mettant en avant la transformation de Lille en une « capitale culturelle, rayonnante et entreprenante ». Sa plus grande fierté ? Avoir préservé les quartiers populaires et favorisé le vivre-ensemble. « J’ai toujours voulu garder cette mixité sociale, cette diversité qui fait la richesse de notre ville », a-t-elle confié.
Ce départ intervient à un an des élections municipales de 2026, dans un contexte politique tendu. Alors que les écologistes et d’autres forces politiques se positionnent déjà pour la succession, Martine Aubry a souhaité organiser un conseil municipal extraordinaire le 21 mars pour officialiser la passation de pouvoir.
La désignation d’Arnaud Deslandes n’a pas fait l’unanimité. Roger Vicot, député PS et candidat déclaré à la mairie, a critiqué cette décision, estimant que la succession aurait dû être plus ouverte. De son côté, Stéphane Baly, candidat écologiste battu de justesse en 2020, a déjà officialisé sa candidature pour 2026.
Dans l’opposition, Violette Spillebout, députée macroniste et ancienne proche de Martine Aubry, a dénoncé une « gestion d’affaires courantes » plutôt qu’une véritable transition. Les Insoumis, quant à eux, ont évoqué la fin d’un « entre-soi socialiste à bout de souffle ».
Malgré les critiques, les hommages ont afflué. Anne Hidalgo, maire de Paris, a salué « l’énergie incroyable » déployée par Martine Aubry pour transformer Lille. Les écologistes, tout en reconnaissant son héritage, ont regretté que la ville n’ait pas suffisamment intégré les enjeux environnementaux.
Martine Aubry quitte la scène politique locale, mais pas la vie publique. Elle a affirmé vouloir continuer à participer au renouveau des idées de gauche, tout en laissant à Arnaud Deslandes la lourde tâche de perpétuer son héritage dans une ville en pleine mutation. Une page se tourne à Lille, mais l’histoire reste à écrire.





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