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Une montre de luxe pour un « homme d’État »: le mystérieux cadeau d’Alexandre Djouhri à Claude Guéant

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Au procès en appel du financement libyen, l’intermédiaire Alexandre Djouhri a justifié lundi l’offrande d’une montre de luxe à Claude Guéant par l’admiration qu’il lui portait, tout en niant toute corruption.

L’homme d’affaires franco-algérien a comparu devant la cour d’appel de Paris pour répondre de faits distincts des soupçons de financement illicite de la campagne présidentielle de 2007. En première instance, Claude Guéant, ancien secrétaire général de l’Élysée, avait été reconnu coupable d’avoir accepté 500 000 euros de la part d’Alexandre Djouhri, somme qui aurait servi à l’achat d’un appartement en 2008. L’ancien haut fonctionnaire de 81 ans, absent pour raisons médicales, est également mis en cause pour avoir reçu une montre de luxe.

Interrogé par le président Olivier Géron sur la nature de ce présent, Alexandre Djouhri a expliqué avoir offert spontanément ce bijou d’une valeur de 11 330 euros, acquis en août 2006. Il a décrit Claude Guéant comme un homme « impressionnant », « intelligent », et « un homme d’État ». Selon lui, l’ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, avait remarqué la montre à plusieurs reprises à son poignet, ce qui l’aurait conduit à la lui donner lors d’un repas, sans contrepartie.

Le magistrat a interrogé l’accusé sur l’opportunité d’un tel geste envers un proche collaborateur du favori de l’élection présidentielle. Alexandre Djouhri a vigoureusement nié toute arrière-pensée politique, affirmant ne transiger sur aucun point lorsqu’il s’agit d' »incompatibilité d’humeur ». Il a assuré faire preuve d’une « rectitude totale » en la matière et a réitéré son estime pour Claude Guéant.

Concernant les 500 000 euros litigieux, l’intermédiaire a fermement démenti tout rôle dans leur versement. Il a avancé que la présence d’un relevé d’identité bancaire du couple Guéant dans son coffre en Suisse résulterait d’une manipulation des enquêteurs. Il a également affirmé ignorer l’achat immobilier de son interlocuteur, regrettant même de ne pas avoir pu lui conseiller une acquisition plus spacieuse.

L’accusation soupçonne que ces fonds constituaient une contrepartie à des interventions en faveur d’Alexandre Djouhri, notamment pour une dette fiscale liée à une villa à Mougins. L’homme d’affaires a nié en être le propriétaire dissimulé derrière une société offshore, évoquant un ami décédé dont il refuse de révéler l’identité pour préserver sa mémoire.

La vente de cette villa au fonds souverain libyen pour 10 millions d’euros est au cœur des soupçons de détournement d’argent public. L’opération aurait utilisé les comptes de la famille milliardaire saoudienne Bugshan, dont les enquêteurs estiment qu’ils ont également servi à faire transiter les 500 000 euros vers Claude Guéant via la Malaisie. Alexandre Djouhri a qualifié cette hypothèse de « stupide » et a défendu sa pratique des affaires fondée sur la parole plutôt que sur les écrits.

En ouverture de son interrogatoire, l’accusé a proclamé son innocence, affirmant être poursuivi « pour rien du tout » et dénonçant un « traquenard » qui sera, selon lui, démontré.

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