Économie
Le président français souligne l’avenir européen d’Andorre

Emmanuel Macron, coprince de la principauté pyrénéenne, a entamé une visite officielle en mettant en avant l’équilibre entre traditions et intégration européenne, alors que la question de l’avortement demeure un sujet sensible.
Le chef de l’État français, qui exerce la fonction de coprince d’Andorre aux côtés de l’évêque d’Urgell selon un dispositif séculaire, a salué la singularité de ce micro-État lors d’un dîner officiel. Il a évoqué une tension créatrice entre l’attachement aux coutumes locales et l’ouverture vers le continent, soulignant que cet équilibre définit le chemin de la principauté.
Le président a également mis en lumière la neutralité diplomatique d’Andorre et sa capacité à embrasser des valeurs universelles, tout en s’inscrivant résolument dans le projet européen. Un accord d’association avec l’Union européenne, qui permettrait à Andorre d’accéder au marché commun sans en être membre, doit encore être soumis à référendum dans le pays.
Connue pour ses stations de ski et son régime fiscal avantageux, la principauté a toutefois quitté la liste des paradis fiscaux de l’OCDE en 2010 et instauré des taxes modérées, bien en deçà des moyennes européennes.
La tradition veut que chaque président français se rende à Andorre durant son mandat. Emmanuel Macron, qui avait déjà effectué une visite en 2019, avait alors abordé la question de l’avortement. Ce sujet sera de nouveau au centre des échanges lors de ses interventions devant la population et lors de ses entretiens avec son coprince et le chef du gouvernement andorran.
Andorre est, avec le Vatican, le seul État européen à interdire totalement l’interruption volontaire de grossesse, même en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la mère. Les femmes et les médecins qui pratiquent un avortement encourent des peines de prison, bien qu’aucun procès n’ait jamais eu lieu. Le chef du gouvernement, Xavier Espot Zamora, a récemment exprimé l’espoir de dépénaliser l’IVG d’ici un an, sans pour autant la légaliser.
La structure de gouvernance particulière de la principauté rend toute évolution délicate, car elle nécessite des négociations avec le Saint-Siège. Selon Xavier Espot Zamora, le maintien de l’interdiction ne reflète pas un conservatisme plus marqué qu’ailleurs, mais découle du fait que l’un des chefs d’État est un évêque.
Avant de rejoindre Andorre, Emmanuel Macron s’est rendu dans le département voisin de l’Ariège pour poser la première pierre d’une future usine de géotextiles. Ce projet de 30 millions d’euros, qui créera 40 emplois directs et plus de 120 emplois indirects, utilisera des fibres végétales de chanvre et de laine produites localement. Le président a salué ce projet comme une illustration de la réindustrialisation et de la souveraineté économique, thèmes centraux de la dernière année de son mandat.
Lors d’une visite à l’hôpital de Lavelanet, il a également abordé la lutte contre les déserts médicaux, déplorant les difficultés rencontrées par les praticiens diplômés hors de l’Union européenne et critiquant les positions de ceux qui prônent une ligne dure avec l’Algérie.

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