Monde
Cauca en deuil : l’appel à la paix d’une communauté meurtrie

Des centaines de personnes ont rendu un dernier hommage à six des vingt et une victimes civiles d’un attentat à la bombe, tandis que les proches dénoncent une guerre absurde.
Dans le village de Cajibio, au sud-ouest de la Colombie, une foule vêtue de blanc s’est rassemblée pour accompagner les dépouilles de plusieurs défunts. Certains brandissaient des banderoles réclamant le respect de la vie et le droit à une existence paisible. Des portraits des disparus, en grande majorité des mères de famille, étaient portés par des proches en pleurs. « Assez d’innocents tombés dans cette guerre si absurde », pouvait-on lire sur l’une des pancartes.
L’explosion, survenue samedi sur la route Panaméricaine reliant Cali à Popayan, a été attribuée par les autorités à l’État-major central, une dissidence des anciennes Farc qui n’a pas accepté l’accord de paix de 2016. Ce groupe, dirigé par Ivan Mordisco, l’homme le plus recherché du pays, est accusé de semer la terreur dans plusieurs régions. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière contre des civils depuis l’attentat du club El Nogal en 2003, qui avait fait 36 morts.
Les forces armées ont recensé trente et une actions attribuées à la guérilla depuis vendredi dans trois départements voisins. Le ministre de la Défense, Pedro Sanchez, a dénoncé des « crimes de guerre » et estimé que cette recrudescence de violence visait à répondre aux opérations militaires en cours dans la zone. Il a souligné que le groupe rebelle, dont le financement repose en grande partie sur le trafic de cocaïne, cherchait à frapper des cibles sans défense.
La région du Cauca, particulièrement touchée par ces violences, est un bastion de la guérilla à l’approche du scrutin présidentiel prévu le 31 mai. Selon des analystes, ces attaques constituent un message clair adressé à l’État, visant à démontrer une capacité de nuisance et à maintenir un contrôle sur la population. D’autres experts y voient une stratégie de déstabilisation destinée à instaurer un climat d’insécurité.
Le président Gustavo Petro a qualifié les rebelles de terroristes et ordonné une intensification des opérations pour les neutraliser. Depuis son arrivée au pouvoir, il a tenté sans succès de négocier la paix avec les principales organisations armées, qui ont au contraire renforcé leurs effectifs. Selon des chercheurs, le nombre de combattants a doublé en dix ans pour atteindre environ 27 000 hommes.
Les candidats à la présidentielle ont tous condamné l’attentat. Le favori des sondages, Ivan Cepeda, héritier politique de Gustavo Petro, a mis en garde contre un impact électoral dans une région où la gauche bénéficie d’un large soutien. Il a évoqué des événements destinés à créer un climat de peur favorable à l’extrême droite. De leur côté, les deux principaux rivaux du camp présidentiel ont imputé la responsabilité de cette violence au gouvernement en place, l’accusant d’avoir laissé prospérer l’insécurité.

MondeEn Ligne 7 joursHaïti, 2 000 soldats salvadoriens débarquent et brouillent la carte sécuritaire
PolitiqueEn Ligne 7 joursLes maires de France perdent patience avec la double casquette de David Lisnard
PolitiqueEn Ligne 6 joursLe ministre écrit aux lycéens avant la rentrée pour défendre ses annonces
PolitiqueEn Ligne 4 joursUne primaire au centre et à droite pour éviter Le Pen-Mélenchon, le casse-tête d’Édouard Philippe
Faits DiversEn Ligne 7 joursTrois femmes accusent un gynécologue d’Ardèche de viols et de violences
PolitiqueEn Ligne 7 joursLes Insoumis changent de méthode et signent deux victoires à l’Assemblée
SportsEn Ligne 6 joursÀ 40 ans, Giroud fait basculer le derby du Nord
Faits DiversEn Ligne 3 joursTrente-neuf ans après, les parents d’Inass Touloub face à leurs juges
















