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Une étrange glace piège à CO₂ découverte au fond de l’océan Indien

Des chercheurs ont trouvé des monticules de glace carbonique à 1 200 mètres de profondeur, au large de Mayotte. Une première mondiale qui ouvre des pistes…

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Une étrange glace piège à CO₂ découverte au fond de l'océan Indien

Des chercheurs ont trouvé des monticules de glace carbonique à 1 200 mètres de profondeur, au large de Mayotte. Une première mondiale qui ouvre des pistes sur la séquestration naturelle du carbone, mais aussi sur les risques pour les coraux.

C’est une drôle de vision qui attendait les scientifiques de l’Ifremer en 2021. Posés sur le plancher océanique, à dix kilomètres à l’est de Mayotte, des amas blanchâtres ressemblant à des bonhommes de neige agglutinés. Sauf que ces blocs ne sont pas faits de glace d’eau. Ce sont des hydrates de CO₂, une forme solide qui emprisonne du gaz carbonique. Une première dans le monde marin. Ces structures se forment quand du CO₂ d’origine volcanique s’échappe du fond sous forme liquide et se retrouve piégé par la pression et la température très basse, à peine 4 degrés Celsius. Certains de ces monticules mesurent plus d’un mètre de haut.

Depuis, le site a été revisité en août 2025 et tout semble stable. Mais cette découverte ne se limite pas à la curiosité géologique. Pour les chercheurs, c’est un laboratoire naturel unique. Il permet d’étudier comment le CO₂ peut être stocké naturellement dans l’océan profond, une question clé pour les projets de géo-ingénierie qui cherchent à limiter le réchauffement climatique. Comprendre la stabilité de ces hydrates, leur formation et leur dissolution, devient essentiel.

Mais il y a un revers. Autour des sources d’émission de CO₂, les scientifiques ont observé une mortalité accrue des coraux. L’excès de gaz carbonique acidifie l’eau et fragilise l’écosystème. Ce champ de glace carbonique n’est donc pas seulement une promesse de stockage. C’est aussi un signal d’alarme sur les conséquences locales des fuites de CO₂. Reste à savoir si ce mécanisme naturel peut vraiment nous aider à respirer, ou s’il nous rappelle simplement que tout excès a un prix.

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