Économie
Une décennie de succès pour les cars Macron, mais des infrastructures à la traîne

Dix ans après leur lancement, les autocars longue distance séduisent les voyageurs, mais peinent à trouver des points d’embarquement dignes de ce nom.
Le paysage des transports français a connu une mutation notable depuis l’adoption de la loi Macron en 2015, qui a ouvert le marché des liaisons interurbaines par autocar à la concurrence. Aujourd’hui, près de 11 millions de passagers empruntent ces lignes chaque année, un chiffre en constante progression. Pourtant, ce succès populaire se heurte à un écueil de taille : des infrastructures souvent vétustes, inadaptées à la demande croissante.
Sur le quai de la gare routière de Paris-Bercy, l’affluence est palpable. Les voyageurs, valises à la main, patientent dans un espace exigu, où les équipements de base font défaut. Farah et Sofia, deux jeunes professionnelles résidant à Bruxelles, témoignent de leur fidélité à ce mode de transport, privilégié pour son coût avantageux. Un constat partagé par des millions d’usagers, dont le nombre a bondi de 14 % en un an.
L’essor des cars longue distance répond à une double attente : accessibilité financière et sobriété énergétique. Selon les données officielles, ces véhicules émettent cinq fois moins de CO₂ qu’une voiture individuelle, un argument qui séduit une clientèle soucieuse de son empreinte environnementale. Mais derrière ces atouts indéniables se cache une réalité moins reluisante. Les gares routières, lorsqu’elles existent, peinent à offrir des conditions d’accueil satisfaisantes.
À Biarritz comme à Lille, les usagers déplorent l’absence criante d’équipements. Toilettes hors service, bancs surchargés, absence d’abris… Les carences sont légion. Michel Quidort, vice-président de la FNAUT, souligne ce paradoxe : « Les cars ont conquis leur public, mais les lieux d’embarquement restent indignes. » Un avis partagé par les opérateurs du secteur, qui pointent du doigt le manque de coordination entre les collectivités locales et l’État.
Face à ce constat, les professionnels appellent à une clarification du cadre réglementaire. « Il faut des gares dignes de ce nom, avec des normes homogènes sur tout le territoire », plaide un représentant de Flixbus. Sans une telle évolution, le potentiel de ce mode de transport risque de rester inexploité, malgré son indéniable succès auprès des voyageurs.

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