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Un procès sous tension pour la mort d’Elisa Pilarski

Le parquet a requis une peine de prison avec sursis contre Christophe Ellul, jugé pour homicide involontaire. La justice demande également l’euthanasie du chien Curtis, un pitbull identifié comme l’auteur des morsures mortelles.
L’audience s’est achevée jeudi au tribunal de Soissons par des réquisitions qui ont marqué un tournant dans cette affaire vieille de plusieurs années. Le ministère public a demandé une condamnation à une peine d’emprisonnement assortie du sursis à l’encontre de Christophe Ellul, âgé de 51 ans. L’homme est poursuivi pour avoir causé, sans intention de la donner, la mort de sa compagne, Elisa Pilarski, alors enceinte de six mois. Son décès est survenu en novembre 2019 après une promenade en forêt où elle accompagnait l’un de ses chiens.
Les investigations ont établi que les blessures fatales étaient imputables à Curtis, un American Pitbull Terrier appartenant à l’accusé. L’animal, aujourd’hui âgé de huit ans et placé en chenil depuis les faits, avait été importé sur le territoire national sans déclaration préalable. La procureure a souligné l’ambiguïté du cadre légal concernant la détention de cette race, tout en pointant des méthodes de dressage assimilables à du « mordant », une pratique interdite en France.
Dans ses conclusions, la magistrate a estimé que Christophe Ellul n’avait pas eu conscience des risques induits par son comportement. Elle a requis l’application de la peine simple, écartant les circonstances aggravantes, en invoquant l’ancienneté des événements, l’absence d’antécédents judiciaires de l’intéressé et son insertion sociale. Elle a également reconnu la profondeur du traumatisme subi par l’accusé depuis la disparition de sa compagne.
L’audience a été marquée par les déclarations fluctuantes de Christophe Ellul sur la responsabilité de son animal. Après avoir longtemps défendu la piste d’une meute de chiens de chasse, il a finalement concédé en audience, mercredi, avoir eu « la preuve » de la culpabilité de Curtis, avant de revenir partiellement sur ses propos le lendemain. Une expertise médico-légale avait pourtant conclu à la concordance entre les morsures constatées sur la victime et les caractéristiques dentaires du pitbull.
La famille d’Elisa Pilarski, présente à l’audience, a exprimé son soulagement de voir la vérité judiciaire se dessiner. Sa mère a indiqué que le doute n’était désormais plus permis quant à l’identité du chien agresseur. L’avocat d’une association de vénerie, partie civile, a pour sa part exhorté l’accusé à faire preuve de clarté, au nom du respect dû à la mémoire de la défunte.
Le jugement a été mis en délibéré. La décision du tribunal, qui statuera également sur le sort du chien Curtis, est attendue dans les semaines à venir.

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