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Un policier marseillais mis en examen pour le passage à tabac d’une passante en 2018

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Plus de sept ans après les faits, l’enquête sur une agression survenue lors d’une manifestation de gilets jaunes à Marseille connaît une avancée décisive. Un fonctionnaire de police a été mis en examen pour des coups de matraque ayant fracturé le crâne d’une jeune femme.

Les investigations menées par la justice marseillaise ont abouti à l’identification du principal auteur présumé des violences qui ont grièvement blessé Angelina, alors âgée de 19 ans, le 8 décembre 2018. Ce jour-là, trois cortèges distincts se déroulaient simultanément dans la cité phocéenne, et c’est en marge du mouvement des gilets jaunes que la jeune vendeuse, qui rentrait de son travail accompagnée de son compagnon, avait été prise pour cible. Selon une source proche du dossier, le suspect, un policier marseillais désormais affecté aux renseignements territoriaux, a été placé en examen dans la nuit de jeudi à vendredi pour des violences ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours, avec trois circonstances aggravantes. Il lui est reproché d’avoir agi en tant que dépositaire de l’autorité publique, en réunion et avec une arme.

Le parquet avait requis l’incarcération du fonctionnaire, mais le juge des libertés et de la détention a opté pour un placement sous contrôle judiciaire, assorti d’une interdiction d’exercer toute activité de police sur la voie publique. Cette décision intervient après une longue série de rebondissements dans une affaire devenue emblématique des violences policières. Angelina avait raconté avoir d’abord été touchée par un tir de LBD à la cuisse, ce qui l’avait fait chuter. Encerclée, elle avait ensuite reçu une pluie de coups de pied et de matraque, notamment au visage, provoquant une fracture du crâne. Des clichés montrant son crâne rasé et marqué de cicatrices avaient été largement diffusés dans la presse après qu’elle eut porté plainte auprès de l’Inspection générale de la police nationale.

Le dossier a longtemps stagné, en raison de l’absence d’identification des auteurs et de la disparition suspecte de preuves, comme des enregistrements radio du logiciel Acropol ou des images de vidéosurveillance. La victime avait exprimé son sentiment d’avoir été abandonnée par la justice. Ce n’est qu’à l’automne 2025 que l’enquête a connu une accélération, avec la mise en examen de six policiers pour non-assistance à personne en danger, puis de deux autres pour violences aggravées. Le tournant décisif est survenu après les révélations d’un fonctionnaire ayant reconnu avoir menti lors de sa première audition, invoquant des pressions de sa hiérarchie et de son syndicat. L’avocat d’Angelina, Brice Grazzini, a salué un travail d’investigation qui a permis de briser une omerta, tout en rappelant la présomption d’innocence des mis en cause.

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