Économie
Un ostéopathe jugé pour viols sur 29 patientes attend son verdict
Ce mercredi, la cour criminelle du Bas-Rhin rend sa décision dans un procès où un praticien de 37 ans est accusé d’avoir abusé de sa position pour…


Ce mercredi, la cour criminelle du Bas-Rhin rend sa décision dans un procès où un praticien de 37 ans est accusé d’avoir abusé de sa position pour agresser sexuellement des femmes venues consulter. Entre les réquisitions de 20 ans de prison et la défense qui évoque de simples maladresses, le verdict pourrait peser lourd.
Pendant trois semaines, le tribunal a entendu des patientes raconter la même histoire. Elles venaient consulter pour un problème de dos ou une douleur musculaire et repartaient avec un sentiment de trahison. L’ostéopathe, installé à Eschau près de Strasbourg, est soupçonné d’avoir touché ou pénétré les parties intimes de 29 femmes sans leur consentement, le tout sous couvert de soins. La procureure a requis la peine maximale, 20 ans de réclusion criminelle, en parlant d’un “comportement de prédateur” et d’actes commis dans des “circonstances particulièrement détestables”.
L’accusé, lui, nie la plupart des pénétrations. Il assure avoir toujours agi dans un but thérapeutique, sans intention sexuelle. Il parle de “maladresses” et d’une méconnaissance de l’anatomie. “J’ai dû être nul en anatomie”, s’est-il défendu, tout en reconnaissant avoir blessé profondément ses patientes. Son avocat juge la peine réclamée “démesurée”. Mais les expertises psychologiques brossent un autre portrait. Les experts décrivent une personnalité “narcissique”, capable d’outrepasser les règles et de retourner la culpabilité. Un point qui inquiète particulièrement la partie civile.
Les témoignages des patientes ont marqué les débats. Beaucoup sont venues à la barre en tremblant ou en pleurs. Elles racontent un mode opératoire qui se répétait. L’ostéopathe les incitait à poser leur main sur la sienne, puis il guidait cette main vers leurs parties intimes. Parfois, sans gants, il glissait un ou plusieurs doigts dans leur vagin, en respirant fort. “Je pense que j’ai été utilisée comme un objet sexuel par destination”, a déclaré l’une d’elles. Une autre a dit s’être sentie “salie, dégoûtée”. Certaines ont été agressées devant leur enfant.
La première plainte remonte à 2018, mais l’enquête n’a vraiment démarré qu’en octobre 2020, après le dépôt d’une plainte pour viol. En fouillant le carnet de rendez-vous, les enquêteurs ont retrouvé d’autres femmes. Pendant qu’il était sous le coup de ces plaintes, l’ostéopathe faisait signer à ses patients une “lettre de consentement” où ils s’engageaient à signaler toute gêne. Une pratique qui interroge sur sa conscience des actes reprochés.
Le verdict de ce mercredi ne dira pas seulement si cet homme est coupable ou non. Il répondra aussi à une attente forte des victimes. Comme l’a résumé l’avocate d’une patiente agressée devant son enfant de cinq ans, la justice doit “redonner à toutes ces femmes la légitimité de leur corps et leur dignité”.
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