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Un mémorial pour les femmes disparues lors d’avortements clandestins

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Porté par des personnalités et des associations, un projet unique au monde vise à honorer la mémoire des victimes de la législation répressive antérieure à 1975.

Un projet de monument dédié aux milliers de femmes décédées des suites d’avortements pratiqués dans la clandestinité avant la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse refait surface à Paris. Intitulé « Aux avortées inconnues », cette initiative portée par des figures féministes et des artistes entend combler un vide mémoriel et symbolique. Sa présentation officielle est prévue ce dimanche à la Maison de la Poésie, à l’occasion de la journée internationale du droit à l’avortement.

La réalisatrice Mariana Otero, dont la mère est décédée en 1968 des complications d’un avortement illégal, souligne la dimension universelle de cette démarche. Selon elle, un tel hommage constituerait un signal fort en direction des femmes qui, à travers le monde, luttent encore pour leurs droits reproductifs. L’idée, initialement émise par l’écrivaine Nancy Huston après la diffusion d’un documentaire sur le sujet, a depuis rassemblé un large cercle de soutiens, parmi lesquels l’autrice Annie Ernaux et l’actrice Laure Calamy.

Au-delà de sa portée symbolique, le monument s’accompagnera d’une plateforme numérique destinée à recueillir des témoignages et des données historiques. L’historienne Bibia Pavard rappelle que les décès liés aux avortements clandestins étaient souvent enregistrés sous d’autres diagnostics, rendant difficile toute estimation précise. Elle évoque néanmoins plusieurs milliers de victimes par an, dont le profil sociologique demeure mal connu.

La question de l’emplacement n’est pas encore arrêtée, mais le jardin du Luxembourg, où fut votée en 1920 la loi criminalisant l’avortement, est évoqué pour sa charge symbolique. Sur le plan politique, une motion favorable a déjà été adoptée en Conseil de Paris en juin, avec le soutien des élus de droite, qui ont qualifié le sujet de « consensuel ». En revanche, des associations opposées à l’IVG jugent cette priorité mémorielle inopportune.

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