Monde
Un cessez-le-feu se dessine entre Téhéran et Washington
Les discussions avancent mais des désaccords majeurs subsistent sur le détroit d’Ormuz, les avoirs gelés et le nucléaire.
L’Iran et les États-Unis ont signalé des progrès ces derniers jours en vue d’un accord pour mettre fin à la guerre. Les négociations restent toutefois laborieuses et plusieurs points de friction demeurent. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a indiqué vendredi qu’aucun accord final n’avait encore été conclu. Téhéran exige l’arrêt des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban où son allié le Hezbollah affronte Israël.
À Washington, des sources ont évoqué un protocole prévoyant la prolongation de soixante jours du cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril. Donald Trump a annoncé une décision imminente sur son réseau Truth Social. Le détroit d’Ormuz doit être rouvert immédiatement et l’Iran doit s’engager à le déminer, a souligné le président américain. Des sources iraniennes citées par l’agence Fars ont toutefois affirmé que l’ouverture du détroit ne serait pas exempte de frais de péage dans la version actuelle du texte.
Téhéran maintient un contrôle strict sur cette voie maritime essentielle pour le transport mondial d’hydrocarbures depuis le début du conflit. Les États-Unis ont imposé ce que l’Iran considère comme un blocus naval de ses ports depuis le 13 avril. Selon le site Axios, Washington lèverait ce blocus si le trafic commercial reprend dans le détroit. Téhéran serait alors autorisé à vendre du pétrole grâce à une suspension des sanctions américaines.
L’Iran cherche également à obtenir le déblocage d’environ vingt-quatre milliards de dollars d’avoirs gelés à l’étranger, dont une partie au Qatar. Une délégation iranienne de hauts responsables s’est rendue à Doha en début de semaine. Selon les sources de Fars, la moitié de ces fonds devraient être disponibles au moment de l’annonce du protocole. Ces mêmes sources ont prévenu que tant que ce paiement n’est pas effectué, l’Iran n’entrera pas dans une nouvelle phase de négociation. Donald Trump a de son côté affirmé qu’il n’y aurait aucun échange d’argent pour le moment. Les avoirs iraniens gelés à l’étranger sont estimés entre cent et cent vingt-trois milliards de dollars par les médias iraniens.
Le programme nucléaire reste le point de discorde majeur. Les États-Unis et Israël accusent la République islamique de vouloir se doter de l’arme atomique, ce qu’elle dément. Esmaïl Baghaï a insisté vendredi sur le fait qu’aucune négociation sur ce sujet n’est en cours à ce stade. L’Iran souhaite aborder ce dossier après la signature du protocole d’accord. Donald Trump a suggéré que la question figurait dans le texte et a écrit que l’uranium enrichi serait déterré puis détruit en coordination avec l’Iran et l’Agence internationale de l’énergie atomique.
Enfin, Téhéran exige des garanties que Washington respectera ses engagements, après le retrait fracassant des États-Unis de l’accord de 2015 sous le premier mandat de Donald Trump. Selon la télévision iranienne, un accord définitif devrait être entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité des Nations unies.
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