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La guerre des cantines scolaires en Inde fait trembler le Bengale

Au Bengale-Occidental, la suppression des œufs dans les repas offerts aux écoliers provoque une véritable tempête politique. Nutrition, religion et…

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La guerre des cantines scolaires en Inde fait trembler le Bengale

Au Bengale-Occidental, la suppression des œufs dans les repas offerts aux écoliers provoque une véritable tempête politique. Nutrition, religion et assiduité scolaire se heurtent de plein fouet.

Dans les écoles publiques du Bengale-Occidental, un ingrédient a disparu des assiettes. Les œufs ne font plus partie des repas servis aux élèves. En cause, la décision du parti au pouvoir local, le BJP, de confier la préparation des cantines au mouvement hindou Hare Krishna. Ce dernier ne cuisine que des plats végétariens. Résultat, les œufs ont été remplacés par des protéines d’origine végétale. Une enseignante de Calcutta, Raja Dey, s’inquiète déjà d’une baisse de l’assiduité. Elle raconte que les enfants venaient nombreux les jours où des œufs étaient au menu. Pour beaucoup d’élèves issus de familles pauvres, ce repas gratuit est parfois le seul de la journée.

Le choix du BJP est immédiatement perçu comme une tentative d’imposer des habitudes alimentaires hindoues dans une région où près d’un tiers de la population est musulmane. L’opposition locale crie à l’ingérence. Dola Sen, élu du parti Trinamool Congress, dénonce une volonté de végétariser de force les menus. Pendant la campagne électorale, la cheffe de l’exécutif sortant, Mamata Banerjee, avait déjà alerté sur ce risque. Le BJP avait nié, allant même jusqu’à brandir des poissons en public pour prouver le contraire. Mais depuis l’arrivée de Narendra Modi au pouvoir en 2014, son parti est régulièrement accusé de vouloir hindouiser l’Inde au détriment des minorités. Cette polémique alimentaire n’est que la dernière d’une longue série.

Au-delà de la politique, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme. L’œuf est considéré comme une source de protéines complète, un véritable étalon-or selon la Dr Sylvia Karpagam. Elle rappelle que les substituts végétaux n’ont pas la même valeur nutritionnelle. Le porte-parole d’Hare Krishna, Radharaman Das, assure que le soja, le fromage ou les lentilles compensent largement. Mais les chercheurs restent sceptiques. Une étude de 2021 a montré que les repas scolaires avaient réduit les retards de croissance chez les enfants indiens. Des chiffres officiels du Karnataka indiquent même que l’assiduité a bondi après l’introduction quotidienne d’œufs. La polémique est donc loin d’être anecdotique. C’est la santé publique qui est en jeu.

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