Économie
L’inflation américaine a freiné plus vite que prévu… mais la trêve au Moyen-Orient a déjà volé en éclats
Les prix à la consommation n’ont augmenté que de 3,5% sur un an en juin, contre 4,2% le mois précédent. Pourtant, la reprise des tensions entre Washington…

Les prix à la consommation n’ont augmenté que de 3,5% sur un an en juin, contre 4,2% le mois précédent. Pourtant, la reprise des tensions entre Washington et Téhéran risque de faire repartir le baril à la hausse, et avec lui l’inflation.
Les bonnes nouvelles ne durent jamais bien longtemps. En juin, l’indice des prix à la consommation aux États-Unis a ralenti plus que prévu, à 3,5% sur un an. Les économistes tablaient sur 3,8%, mais la baisse des prix de l’essence a donné un vrai coup de frein à l’inflation. Sur un mois, les prix ont même reculé de 0,4%, une première depuis longtemps. De quoi donner un peu d’air aux ménages américains, étranglés par la hausse du coût de la vie depuis des mois.
Mais ce répit pourrait être de courte durée. Si les prix du pétrole ont baissé en juin, c’est grâce à un cessez-le-feu fragile entre les États-Unis et l’Iran. Or cette trêve a fait long feu. La semaine dernière, des pétroliers commerciaux ont été attaqués dans le détroit d’Ormuz, déclenchant de nouvelles frappes dans le Golfe. Résultat : le baril est remonté à des niveaux inédits depuis un mois. Et lundi, le président américain a rétabli un blocus naval contre les ports iraniens, avec un péage de 20% sur tout fret passant par le détroit. Les inquiétudes sur le transport d’énergie au Moyen-Orient sont de retour, et avec elles la menace d’une nouvelle flambée des prix.
Du côté des marchés, l’heure est à la prudence. Avant la publication des données sur l’inflation, un quart des investisseurs tablaient sur une hausse des taux de la Fed dès ce mois-ci. Ce chiffre est tombé à 10%. Mais pour septembre, la probabilité d’un tour de vis reste élevée, autour de 60%, contre plus de 90% avant le rapport. Les rendements obligataires ont nettement reculé : le taux des Treasuries à deux ans a perdu 7,6 points de base, à 4,1871%. Le dollar, lui, a cédé 0,55% face aux autres grandes devises. Bref, la Fed n’est pas sortie d’affaire : entre une inflation qui ralentit et des tensions géopolitiques qui s’embrasent, son prochain mouvement est plus incertain que jamais.
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