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Combien de temps encore avant un vrai retrait au Liban ?
Israël se dit prêt à quitter deux zones du sud du Liban, mais les négociations piétinent à Rome. Le Hezbollah bloque, l’armée libanaise attend, et…

Israël se dit prêt à quitter deux zones du sud du Liban, mais les négociations piétinent à Rome. Le Hezbollah bloque, l’armée libanaise attend, et derrière les discussions, l’ombre de l’Iran plane.
Mardi, les délégations se sont retrouvées à l’ambassade américaine de Rome, sous haute sécurité. Personne n’a filtré le moindre mot des pourparlers. Pourtant, un enjeu précis est sur la table : Israël accepte de retirer ses troupes de deux « zones pilotes » dans le sud du Liban. Une revendication clé du gouvernement libanais, qui veut voir les premiers mouvements concrets avant d’aller plus loin. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a indiqué depuis Jérusalem que son pays était prêt à « aller de l’avant ». Mais le Hezbollah, soutenu par l’Iran, refuse catégoriquement l’accord-cadre signé fin juin après cinq rounds de discussions à Washington.
Derrière cette avancée apparente, les conditions sont drastiques. Israël exige que le Hezbollah ne réapparaisse pas dans les zones évacuées. L’armée libanaise, elle, assure qu’elle peut prendre le relais progressivement. Une délégation militaire américaine est d’ailleurs déjà à Beyrouth pour étudier les modalités du retrait sur le terrain. Mais le fragile cessez-le-feu entré en vigueur début mars reste menacé. Les frappes israéliennes continuent dans le sud, avec un drone qui a visé mardi la localité de Nabatiyé al-Fawqa. Depuis le début du conflit, plus de 4 300 personnes ont été tuées côté libanais, selon les autorités locales, et 38 soldats israéliens ont péri au Liban.
Les analystes restent prudents sur l’issue des pourparlers de Rome. Karim Bitar, enseignant à Sciences Po Paris, estime que les chances d’une percée sont « assez limitées ». Pour lui, cette réunion sert surtout à montrer que le processus existe encore, malgré les obstacles. L’Iran, de son côté, joue un jeu complexe. Téhéran avait exigé l’arrêt des hostilités au Liban pour signer un protocole avec Washington mi-juin. Mais ce texte a volé en éclats après des frappes américaines et iraniennes au Moyen-Orient. Aujourd’hui, les Iraniens veulent lier le sort du Liban à d’autres dossiers régionaux. Israël refuse cette équation. « Chaque fois qu’ils en auront l’occasion, ils chercheront à faire échouer ce qui se passe sur la scène libanaise », analyse Orna Mizrahi, chercheuse à l’Institut pour les études de sécurité nationale de Tel-Aviv. Pourtant, Téhéran a d’autres priorités, notamment le détroit d’Ormuz. Et même si le risque d’une reprise des violences n’est pas nul, Karim Bitar pense que l’Iran « réfléchira à deux fois » avant de pousser le Hezbollah à rouvrir un nouveau front.
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