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Sept ans après les attentats de Pâques, l’impunité ronge le Sri Lanka

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Alors que le pays commémore ce mardi les attaques de 2019, les survivants et les familles des victimes dénoncent une vérité toujours insaisissable et une justice qui tarde à désigner les responsables.

Le temps n’a pas pansé les blessures. Sept années se sont écoulées depuis que des explosions simultanées ont frappé trois églises et trois établissements hôteliers, un dimanche de Pâques, faisant deux cent soixante-dix-neuf morts. Pour les proches des disparus et les rescapés, le deuil reste entravé par l’absence de réponses claires sur l’origine et les commanditaires de ces actes. Les autorités sri-lankaises avaient dans l’immédiat imputé les faits à une mouvance jihadiste locale. Les investigations ultérieures ont toutefois soulevé des questions plus larges, pointant des négligences étatiques et évoquant des motivations politiques internes.

Les séquelles physiques et psychologiques demeurent palpables chez de nombreux survivants. Certains, miraculeusement épargnés, consacrent désormais leur énergie à exiger que toute la lumière soit faite. Ils estiment que les différents gouvernements qui se sont succédé ont freiné les avancées judiciaires. Un espoir est néanmoins placé dans l’actuelle administration, élue en partie sur la promesse de faire progresser ce dossier. Un premier développement notable est intervenu récemment avec l’inculpation d’un ancien haut gradé des services de renseignement, accusé de complicité dans la préparation des attaques.

Jusqu’alors, la justice s’était principalement concentrée sur les manquements des autorités en place à l’époque. La Cour suprême avait sanctionné l’ancien président et plusieurs hauts responsables pour ne pas avoir pris en compte des alertes précises reçues avant les événements, les condamnant à verser des dédommagements aux victimes. Pour les représentants de la communauté catholique, cette affaire dépasse le simple cadre sécuritaire et a été instrumentalisée à des fins partisanes, une situation qui ajoute à la détresse des familles.

À la veille des commémorations, la détermination des parties civiles reste intacte. Une marche pour la justice est prévue, symbolisant une quête de vérité qui, pour beaucoup, est devenue un combat de longue haleine. Les promesses des autorités sont scrutées, tandis que la patience des victimes s’amenuise. L’exigence d’un procès équitable et exhaustif, capable d’établir les chaînes de responsabilité, persiste comme la condition indispensable à l’apaisement d’une nation encore meurtrie.

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