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Roumen Radev s’impose aux législatives bulgares

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L’ancien chef de l’État, porté par un discours anticorruption et une ligne pragmatique sur la scène internationale, arrive largement en tête du scrutin. Son mouvement devance nettement les formations traditionnelles.

Le scrutin législatif de dimanche en Bulgarie a consacré la nette victoire de la coalition « Bulgarie Progressiste », menée par l’ancien président Roumen Radev. Selon les estimations publiées à la sortie des urnes, la formation recueillerait environ 38 % des suffrages, soit plus du double du score des conservateurs du GERB, l’ancien parti au pouvoir. Ce résultat, qui pourrait encore être consolidé par le vote de la diaspora, marque un profond renouvellement du paysage politique bulgare, après une période d’instabilité ayant conduit à de multiples élections depuis 2021.

L’accession de Roumen Radev à la tête de l’État entre 2017 et 2026 lui avait permis d’incarner une figure critique vis-à-vis des élites en place. Sa démission en janvier dernier, dans le but de se porter candidat à ces élections, s’inscrit dans une stratégie visant à capitaliser sur cette image. Son discours, mêlant fermeté contre la corruption et volonté d’une relation pragmatique avec Moscou tout en maintenant l’ancrage européen du pays, semble avoir séduit un électorat large. Il a notamment attiré une partie des sympathisants de formations pro-russes, tout en recueillant le soutien de certains votants traditionnellement pro-occidentaux.

La participation, en nette hausse par rapport aux précédentes consultations, témoigne d’un regain d’intérêt des citoyens pour une vie politique en quête de stabilité. Devant ses partisans, le vainqueur a salué une victoire de « l’espoir sur la défiance ». Il a également réaffirmé sa vision d’une Bulgarie forte au sein de l’Union européenne, tout en appelant à un esprit critique face aux décisions communautaires, notamment sur le dossier ukrainien. Il a précisé ne pas souhaiter que son pays, le plus modeste de l’UE, supporte seul le coût de l’envoi d’armes, sans pour autant menacer d’y opposer son veto.

La tâche principale de Roumen Radev consistera désormais à former une majorité gouvernementale au sein d’un Parlement fragmenté. Il a d’ores et déjà exclu toute alliance avec le GERB de l’ancien Premier ministre Boïko Borissov, en raison de désaccords fondamentaux sur la lutte anticorruption. Les libéraux du PP-DB, arrivés en troisième position, constituent une piste incertaine, des divergences géopolitiques persistant entre les deux camps. La constitution d’une coalition viable apparaît donc comme le prochain défi, crucial pour mettre un terme à la crise politique persistante et engager les réformes promises.

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