Monde
Retour au pays meurtri, sur les routes du sud libanais
Après l’annonce d’une suspension des hostilités, des milliers de personnes déplacées par les combats entament un retour précipité vers leurs villages, bravant les destructions et les incertitudes.
Un convoi ininterrompu de véhicules s’étire sur l’axe routier entre Saïda et Tyr. Sur les toits, matelas, couvertures et quelques effets personnels témoignent d’un exode à rebours. À l’aube, une foule de familles s’est rassemblée près du pont de Qasmiyeh, un ouvrage endommagé par des frappes aériennes et que des engins de chantier s’emploient à rendre praticable. L’attente est longue, chargée d’une impatience palpable. Pour ces habitants du sud du Liban, l’essentiel est de franchir le Litani et de regagner leurs foyers, laissés dans la hâte six semaines plus tôt.
La mise en œuvre d’un arrêt des combats, intervenu après plusieurs semaines d’affrontements, a déclenché un mouvement de retour massif. Les autorités militaires ont rouvert le passage sous leur supervision, permettant aux premiers véhicules de s’engager sur la chaussée réparée à la hâte. Certains automobilistes manifestent leur soulagement par des coups de klaxon, tandis que des drapeaux flottent aux fenêtres. Cette précipitation survient malgré les mises en garde officielles concernant la sécurité dans les zones frontalières, où la présence militaire israélienne se maintient selon les derniers communiqués.
L’état des habitations reste la principale inconnue pour la plupart des retournants. Beaucoup ignorent si leur logement est encore debout. Une femme, postée avec son fils devant le pont, évoque les seize heures passées sur la route pour fuir Beyrouth au plus fort des combats. Aujourd’hui, la durée du trajet importe peu, confie-t-elle. L’impératif est de retrouver sa terre, quitte à planter une tente devant les ruines. Cette détermination est partagée par de nombreux autres, pour qui le retour symbolise une forme de résilience, indépendamment des destructions matérielles.
Le sentiment dominant mêle lassitude et résolution. Un homme âgé, déplacé pendant cinquante jours, exprime une colère sourde face à l’ampleur des pertes et au sentiment d’abandon. D’autres, plus jeunes, insistent sur la fierté de regagner leur village, évoquant une victoire sur l’épreuve. Les discussions au bord de la route révèlent des parcours similaires, des nuits passées sur des plages ou dans des abris de fortune, dans l’attente d’une accalmie.
Alors que le flux de véhicules ne tarit pas, la réalité qui attend ces familles au terme de leur voyage reste incertaine. Les infrastructures sont endommagées, les réseaux perturbés. Le cessez-le-feu, bien que salué comme un répit, n’efface pas les stigmates du conflit. Pour l’heure, l’urgence est de traverser le pont et de poser à nouveau le pied sur le sol du sud, première étape d’une reconstruction dont les contours sont encore à dessiner.
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