Monde
Retour à Beyrouth-Sud, sur les ruines d’une trêve fragile
Après dix jours de cessez-le-feu, les habitants des quartiers dévastés reviennent constater l’étendue des destructions. Entre soulagement et inquiétude, la perspective d’une paix durable reste incertaine.
Des familles chargent véhicules et motocyclettes pour regagner leurs foyers dans la banlieue méridionale de la capitale libanaise. Ce vendredi, le mouvement s’est intensifié le long des axes défoncés, au milieu des immeubles éventrés et des façades calcinées. L’entrée en vigueur d’une suspension des hostilités a permis à des milliers de personnes de quitter les abris de fortune et de revenir, ne serait-ce que temporairement, dans ce secteur traditionnellement considéré comme un bastion du Hezbollah.
Les dégâts matériels s’avèrent considérables. Une tournée organisée dans plusieurs quartiers a révélé des scènes de désolation. Des montagnes de gravats obstruent les voies, mélangeant béton pulvérisé, réservoirs d’eau éclatés et panneaux solaires fracassés. Les commerces alignent des devantures soufflées et des portes métalliques arrachées. Par endroits, des équipes municipales s’affairent déjà à déblayer les éclats de verre et les débris.
Pour de nombreux résidents, ce retour est teinté d’amertume. Certains découvrent des logements rendus inhabitables, récemment réparés après des conflits antérieurs et de nouveau endommagés. D’autres errent à la recherche de proches, dans une atmosphère où les embrassades et les larmes de retrouvaille côtoient le silence des destructions. Des portraits de figures politiques locales contrastent avec le paysage de désolation.
L’exode avait été massif depuis le début des frappes, sur ordre des autorités militaires israéliennes. Des centaines de milliers d’habitants avaient alors quitté les lieux, cherchant refuge où ils le pouvaient, souvent dans des conditions précaires le long du littoral ou dans le centre-ville. Le sentiment dominant parmi ceux qui reviennent aujourd’hui oscille entre un soulagement immédiat et une profonde appréhension quant à l’avenir.
Plusieurs expriment l’espoir que cette accalmie puisse se transformer en paix stable, mettant un terme à un cycle de violences récurrent. D’autres, plus sceptiques, évoquent le coût humain déjà payé et la crainte légitime de voir les affrontements reprendre. La présence discrète mais perceptible de partisans agitant des emblèmes rappelle que le contexte politique et militaire demeure extrêmement tendu.
Alors que la vie tente de reprendre son cours sur les artères jonchées de débris, la trêve offre un répit bref et précaire. Elle permet surtout de mesurer l’ampleur des reconstructions nécessaires et de poser, une fois encore, la question de l’après-conflit dans une région meurtrie par des décennies de tensions.
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