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Neuf policiers du maintien de l’ordre jugés pour des faits survenus lors d’un rassemblement des « gilets jaunes »


L’ouverture d’un procès correctionnel à Paris marque l’aboutissement judiciaire d’un dossier vieux de plus de sept ans, centré sur des interventions contestées au sein d’un établissement de restauration rapide.
Neuf fonctionnaires des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris. Les faits qui leur sont reprochés remontent au 1er décembre 2018, en marge d’une manifestation du mouvement dit des « gilets jaunes ». Les magistrats examineront les conditions dans lesquelles ces policiers, alors affectés à la CRS 43, sont intervenus dans un fast-food de l’avenue de Wagram, dans le 17ᵉ arrondissement de la capitale.
L’enquête, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), a établi qu’une dizaine de manifestants s’étaient réfugiés dans les locaux du commerce. Selon les éléments du dossier, ces individus cherchaient principalement à se protéger et à s’hydrater, sans avoir commis d’actes de violence ou de dégradation à l’intérieur des lieux. La force publique est pourtant entrée en nombre et a procédé à des interpellations musclées, faisant usage de ses équipements.
Les policiers sont poursuivis pour violences volontaires en réunion, avec plusieurs circonstances aggravantes, notamment l’utilisation d’une arme. Les peines encourues peuvent aller jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende. Cinq personnes se sont constituées parties civiles, bien que la majorité des victimes présumées n’aient pas été formellement identifiées.
Dans ses réquisitions, le parquet a souligné la complexité du contexte de maintien de l’ordre ce jour-là, marqué par des incidents graves en divers points de Paris. Toutefois, l’instruction a retenu que l’intervention au sein du restaurant n’était pas justifiée par un comportement hostile des personnes présentes. Certains des mis en cause ont d’ailleurs reconnu, au cours de leurs auditions, le caractère disproportionné de leur action, évoquant un manque de lucidité collectif et un épisode regrettable dans leur parcours professionnel.
Ce procès, qui s’ouvre après un délai qualifié d’insatisfaisant par les autorités judiciaires, intervient alors que les pratiques des forces de l’ordre lors des mouvements sociaux continuent de faire l’objet d’un débat public.





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