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Moscou sous les drones : la guerre frappe à la porte des Russes

Pour la première fois depuis des mois, des Ukrainiens ont frappé le cœur de la Russie. Des habitants de Moscou racontent la peur, l’insomnie et ce…

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Moscou sous les drones : la guerre frappe à la porte des Russes

Pour la première fois depuis des mois, des Ukrainiens ont frappé le cœur de la Russie. Des habitants de Moscou racontent la peur, l’insomnie et ce sentiment que plus rien ne sera comme avant.

Olga, 41 ans, comptable dans un quartier sud-est de Moscou, n’a pas fermé l’œil de la nuit. Elle montre son visage fatigué, sans maquillage, et dit que c’est le reflet de la réalité. Depuis que des drones ukrainiens ont réussi à contourner les défenses antiaériennes de la capitale, jeudi, l’angoisse ne la quitte plus. « L’anxiété ne part pas, j’en tremble », confie-t-elle. Dans le quartier de Marino, à trois kilomètres de la raffinerie touchée, l’odeur de brûlé est partie mais pas la peur. Antonina, 65 ans, économiste, s’interroge sur la suite. « Comment tout ça va finir ? » demande-t-elle. Toutes deux refusent de donner leur nom de famille, comme si parler trop fort pouvait attirer le malheur.

L’attaque a été la plus importante contre Moscou depuis au moins deux ans. Des drones ont frappé une raffinerie de pétrole, provoquant un immense incendie qui a craché une fumée noire pendant des heures. Un marché couvert voisin a aussi été touché. Bilan : une fillette de huit ans tuée, une quinzaine de blessés. L’Ukraine revendique ces frappes, promettant de continuer à viser les infrastructures pétrolières russes, pour couper l’argent qui nourrit la guerre. Volodymyr Zelensky a lancé une phrase qui a fait le tour des réseaux : « Si l’Ukraine brûle, votre Moscou brûlera aussi. » Le Kremlin, lui, menace de « frappes massives » en représailles, mais Vladimir Poutine n’a rien dit publiquement. Il était ce jour-là à Kazan, à 700 kilomètres de là, pour un sommet asiatique.

Andreï, vendeur de 47 ans, résume un sentiment partagé par beaucoup. Il faut s’habituer, dit-il, à l’idée que ces attaques peuvent désormais frapper n’importe où en Russie, y compris la capitale. La guerre, qui semblait lointaine pour certains Moscovites, a soudainement traversé les écrans de télévision pour atterrir dans leur rue. Olga, elle, répète une seule chose : « Je veux que la paix arrive le plus vite possible. » Mais avec les bombes qui continuent de tomber sur les deux camps, cette paix semble plus fragile que jamais.

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