Politique
François Patriat, l’éternel compagnon de route de Macron, s’est éteint à 83 ans
L’ancien ministre socialiste devenu pilier du macronisme est mort après un grave accident de vélo. Il aura été l’une des dernières figures du premier…


L’ancien ministre socialiste devenu pilier du macronisme est mort après un grave accident de vélo. Il aura été l’une des dernières figures du premier cercle présidentiel encore en politique.
François Patriat n’est plus. L’élu de Côte-d’Or est décédé mercredi à 83 ans, quelques semaines après une chute à vélo qui avait déjà sonné l’alerte. Il s’apprêtait justement à quitter le Sénat, après 45 ans de vie parlementaire. Emmanuel Macron a réagi aussitôt en saluant « un ami cher » et en voyant en lui « l’un des plus infatigables artisans » de la République.
Sa carrière avait pourtant commencé loin de Paris. Né en 1943 à Semur-en-Auxois, marié et père de deux enfants, ce vétérinaire de formation avait soigné les animaux pendant douze ans à Pouilly-en-Auxois avant de plonger en politique. Député de 1981 à 2000, secrétaire d’État au Commerce puis ministre de l’Agriculture sous Lionel Jospin, maire de Chailly-sur-Armançon, président de la région Bourgogne… Les mandats s’accumulent, et les victoires aussi. Vingt-trois élections, deux défaites seulement. François Mitterrand, son partenaire de golf, lui avait prédit qu’il finirait par conquérir sa Bourgogne. Il avait vu juste.
L’histoire entre Patriat et Macron dépasse pourtant les simples cases administratives. Tout se joue en 2016. Blessé dans un accident de la route, il reste conscient grâce à un ami qui le maintient au téléphone. Cet ami n’est autre qu’Emmanuel Macron. Depuis, il le surnomme « Dieu », sans tout à fait rire. Le jour de la création d’En Marche, il allume un cierge dans la cathédrale d’Amiens. En 2017, il crée le groupe macroniste du Sénat et le préside des années durant. Il demeure aussi l’un des rares à croire à une dissolution après l’échec du second mandat. En pleine réforme des retraites, il s’étonnait que les Français puissent douter d’un président si « bon », si « brillant » et si « humain ».
À 83 ans, il sentait que l’heure était venue de s’arrêter. En juin, il avait prévenu que beaucoup le poussaient à continuer, mais que sa décision serait comprise. Il se demandait s’il était encore digne de repartir pour sept ans. Son départ était prévu pour coïncider presque avec celui d’Emmanuel Macron. Il avait reçu la visite du président en Bourgogne en février, pour une soirée amicale et discrète. Passionné de chasse, de golf et de vélo, il aimait répéter ses comptes de l’année à venir, douze sangliers, trente-deux parcours de golf et quatre mille cinq cents kilomètres à vélo. Avec la disparition de Gérard Collomb et les départs de Richard Ferrand et Jacques Mézard, il était le dernier des premiers fidèles encore sur le terrain. Son influence s’arrête ici, mais son histoire reste gravée dans celle du macronisme.
À lire aussi





Faits DiversEn Ligne 7 joursUn père tue ses deux enfants et sa belle-mère puis met fin à ses jours en Haute-Saône



SociétéEn Ligne 4 joursMarionnaud face à la reprise, les salariés baissent le rideau



PolitiqueEn Ligne 3 joursQui pour succéder à Emmanuel Macron ? La bataille est déjà lancée



EuropeEn Ligne 6 joursL’AfD roule sur les mobylettes d’une famille juive persécutée pour séduire les nostalgiques de l’Est



PlanèteEn Ligne 6 joursUn pan de montagne s’est arraché au Népal et a tout balayé sur vingt kilomètres



MondeEn Ligne 7 joursLa Thaïlande exhume des dinosaures géants encore inconnus



PlanèteEn Ligne 6 joursL’été le plus chaud jamais mesuré en France oblige le gouvernement à passer à la vitesse supérieure



SociétéEn Ligne 2 joursLa tour Eiffel ferme après l’effacement forcé de ses employées








