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Malte se prépare à un quatrième mandat travailliste malgré les scandales

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Les électeurs maltais votent ce samedi pour des élections législatives anticipées. Le Premier ministre sortant Robert Abela devrait remporter un nouveau mandat, porté par un bilan économique solide mais mis en cause par la corruption et la surconstruction.

Les bureaux de vote ont ouvert samedi à Malte pour un scrutin qui semble promettre une large victoire au Parti travailliste. Dans ce petit État méditerranéen, le Premier ministre Robert Abela mise sur la stabilité économique et la protection du pays face aux crises géopolitiques, notamment au Moyen-Orient. Son principal adversaire, Alex Borg, trente ans, avocat et ancien vainqueur du concours Mr World Malta, dénonce un pays en plein chaos, pointant du doigt un système de santé défaillant et des coupures d’électricité récurrentes en été.

Malte, le pays le plus densément peuplé de l’Union européenne avec ses 550 000 habitants sur 316 kilomètres carrés, connaît une économie florissante grâce au tourisme, aux jeux en ligne et aux services financiers. Beaucoup d’électeurs placent la performance économique au-dessus de toute autre considération. Un retraité de 72 ans, arborant un chapeau rouge aux paillettes, a expliqué que le pays est passé de la pauvreté à la richesse sous les travaillistes. Dans un bureau de vote de La Valette, une femme de 33 ans a confié que l’élection est sur toutes les lèvres et que la participation devrait être élevée, la politique arrivant juste après la religion dans les préoccupations des Maltais.

La population a augmenté de près de 30 % en dix ans, en grande partie à cause de l’arrivée d’étrangers. Ce boom démographique a provoqué une explosion de la construction, avec des grues omniprésentes, des embouteillages et une pression croissante sur les services essentiels et l’environnement. Pourtant, c’est le coût des factures énergétiques qui domine la campagne. Le gouvernement affirme avoir prévu 250 millions d’euros supplémentaires pour subventionner l’énergie et amortir les répercussions du conflit au Moyen-Orient, en plus des 150 millions déjà alloués pour 2026.

Aucun des deux grands partis n’a fait du changement climatique une priorité, bien que Malte soit particulièrement vulnérable à la désertification et à la sécheresse. Le dernier sondage du Malta Independent place le Parti travailliste à 49 % des intentions de vote, contre 38 % pour le Parti nationaliste. Une commerçante de 49 ans a qualifié Alex Borg de jeune et énergique, tandis qu’une mère de quatre enfants et chauffeuse de taxi a estimé que la plupart des gens voteraient pour les travaillistes non par cœur, mais pour l’économie et la stabilité.

Malte reste très critiquée pour son manque de lutte contre la corruption. Un rapport du Conseil de l’Europe de 2025 la classe nettement en retard. Mais de nombreux habitants hésitent à s’exprimer publiquement sur le sujet. Robert Abela est au pouvoir depuis janvier 2020, après la démission de son prédécesseur Joseph Muscat, consécutive à une crise politique liée à l’assassinat de la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia en 2017. Selon un politologue de l’Université de Malte, le Premier ministre aurait convoqué des élections anticipées pour éviter que le procès de l’homme d’affaires Yorgen Fenech, accusé d’avoir orchestré le meurtre, n’influence le vote. Une commission d’enquête publique avait conclu en 2021 que l’État devait assumer la responsabilité de la mort de la journaliste pour avoir créé un climat d’impunité.

Malgré les scandales, de nombreux électeurs pensent avant tout à leur portefeuille. Un électeur a confié qu’il y a bien de la corruption, mais que sa pension a augmenté de cinquante euros, ce qui suffit à justifier son vote travailliste. Les premiers résultats sont attendus dimanche après-midi.

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