News
Macron rompt le silence sur les violences coloniales françaises au Cameroun

Le président français a reconnu pour la première fois l’implication de la France dans un conflit armé au Cameroun durant la décolonisation, marquant une étape décisive dans le travail de mémoire.
Dans une lettre adressée à son homologue camerounais Paul Biya, Emmanuel Macron a officiellement employé le terme de « guerre » pour qualifier les événements survenus dans l’ancien territoire sous tutelle française entre 1945 et 1971. Cette déclaration, rendue publique mardi, s’appuie sur les conclusions d’un rapport historique remis en janvier par une commission mixte franco-camerounaise.
Le document, fruit de plusieurs années de recherches, établit que les autorités coloniales et l’armée française ont mené une répression violente contre les mouvements indépendantistes, avant et après l’accession du Cameroun à la souveraineté en 1960. Les historiens évoquent des dizaines de milliers de victimes, notamment dans les régions du Sud et de l’Ouest du pays.
Le chef de l’État français a souligné la nécessité d’assumer cette part d’histoire, tout en exprimant sa volonté de renforcer les liens entre les deux nations. Il a également annoncé l’ouverture plus large des archives françaises pour faciliter les travaux scientifiques futurs. Parmi les épisodes les plus marquants figurent les opérations militaires ayant conduit à la mort de plusieurs figures indépendantistes, dont Ruben Um Nyobè en 1958.
Cette démarche s’inscrit dans une politique mémorielle initiée par l’Élysée, après des initiatives similaires concernant le Rwanda et l’Algérie. Elle intervient dans un contexte politique camerounais tendu, à quelques mois d’une élection présidentielle où Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, brigue un nouveau mandat.
Si le rapport apporte des éclaircissements sur de nombreux événements, certaines zones d’ombre persistent, comme l’assassinat de l’opposant Félix-Roland Moumié en 1960, dont les circonstances restent mal élucidées. La France et le Cameroun entendent désormais poursuivre ce travail commun pour apaiser les mémoires et consolider leurs relations.

PolitiqueEn Ligne 4 joursHollande recadre le débat sur les violences et refuse de tout imputer à LFI
PolitiqueEn Ligne 6 joursVinted, eBay et Leboncoin sous pression après les pillages du week-end
SociétéEn Ligne 4 joursÀ Ulm, le blocage devient une école de la critique
PolitiqueEn Ligne 6 joursAprès les violences, le RN veut incarner l’ordre
SociétéEn Ligne 5 joursLa CFDT réclame cent euros de plus pour tous et dénonce dix ans de verticalité
SociétéEn Ligne 5 joursLes livreurs veulent pouvoir échapper aux manifs sans perdre leur paie
PolitiqueEn Ligne 7 joursÀ Limoges, une marche après l’incendie de la mairie et des accusations qui fusent
PolitiqueEn Ligne 5 joursUltragauche, extrême gauche radicale et jeunes des quartiers, une alliance inédite dans les violences
















