Politique
Les cargos continuent de franchir Ormuz malgré les menaces
Un navire marchand a été attaqué dans le détroit, mais des dizaines de bateaux passent encore chaque jour. L’Onu a suspendu son opération d’évacuation en…


Un navire marchand a été attaqué dans le détroit, mais des dizaines de bateaux passent encore chaque jour. L’Onu a suspendu son opération d’évacuation en attendant des garanties de sécurité.
Vendredi, 29 navires commerciaux ont emprunté le détroit d’Ormuz. Dix d’entre eux sont entrés dans le Golfe, dix-neuf en sont sortis. Plus de la moitié ont choisi une route longeant les côtes d’Oman pour éviter les zones contrôlées par l’Iran. La veille, un cargo avait été touché par au moins quatre drones d’attaque lancés par Téhéran. Donald Trump a qualifié cette action de « violation stupide » du cessez-le-feu, alors que les deux camps sont engagés dans une phase de soixante jours de négociations pour un accord final.
Malgré ces tensions, les cours du pétrole continuent de baisser. Les analystes expliquent ce recul par la quasi-normalité du trafic. Après un pic de 57 passages mercredi, 42 navires sont passés jeudi, dont la moitié en longeant Oman. L’autorité maritime iranienne a prévenu que tout passage hors du cadre défini par elle ne bénéficierait pas de garanties de sécurité. De son côté, l’Onu a annoncé que 115 navires et 2500 marins avaient déjà été évacués depuis mardi, sur un total de 600 bateaux et 11000 marins bloqués. L’organisation attend des confirmations supplémentaires pour relancer l’évacuation.
Le sort du détroit reste un point de friction majeur. Téhéran veut désormais imposer des frais de passage, ce que Washington refuse. Autre sujet de discorde : le nucléaire iranien. Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, a estimé qu’un système de vérification « très poussé » était nécessaire pour s’assurer que l’Iran ne fabrique pas d’armes atomiques. Avant les frappes de juin 2025, l’Iran possédait environ 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60%, un niveau proche du seuil militaire. L’AIEA n’a « à peine entamé » les discussions sur le devenir de ce stock. Une option envisagée serait d’exporter l’uranium hors d’Iran. Pendant ce temps, à Téhéran, les habitants ne voient guère de changement. « La vie est simplement devenue plus difficile », confie un employé du gouvernement. La guerre a laissé « non seulement des dégâts économiques, mais aussi de profondes cicatrices dans la société », ajoute un créateur de contenu.
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