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L’héritage Barèges, enjeu central d’une bataille municipale à Montauban

_**L’absence de l’ancienne édile, déclarée inéligible, n’empêche pas son influence de structurer la campagne. Les prétendants au fauteuil majoral se définissent tous par rapport à son long règne et à sa succession.**_
Pour la première fois depuis vingt-cinq ans, le nom de Brigitte Barèges ne figurera pas sur un bulletin de vote à Montauban. Pourtant, l’empreinte de l’ancienne maire, qui a dirigé la ville de 2001 à 2024, domine les débats à l’approche du scrutin. Déclarée inéligible par le Conseil constitutionnel pour irrégularités dans ses comptes de campagne, elle n’en demeure pas moins un acteur incontournable de la vie politique locale, intervenant publiquement en soutien à son candidat.
Son choix s’est porté sur Didier Lallemand, son ancien directeur général des services, aujourd’hui candidat sous l’étiquette UDR. Ce dernier se présente comme son successeur naturel et rejette avec fermeté les accusations de ses adversaires, qui le dépeignent comme une simple marionnette en attendant un éventuel retour de l’ancienne élue. Il affirme vouloir assumer pleinement un mandat complet de six ans, qualifiant toute autre hypothèse de trahison envers les électeurs. Sa campagne s’affiche d’ailleurs ouvertement sous les traits de son mentor, dont une silhouette grandeur nature accueille les visiteurs à l’entrée de son local.
Cette omniprésence divise profondément la droite locale. Thierry Deville, ancien premier adjoint de Brigitte Barèges et désormais candidat Les Républicains, revendique sa propre légitimité à lui succéder. Il estime que la droite doit désormais se projeter au-delà de l’ère Barèges, regrettant l’absence d’une succession clairement préparée. De son côté, l’ancienne maire perçoit cette démarche comme une forme de trahison personnelle. D’autres figures de ses anciennes équipes municipales se sont également dispersées sur différentes listes, illustrant l’éclatement de son héritage politique.
Face à cette droite en recomposition, la gauche tente de capitaliser sur le désir de changement. Arnaud Hilion, le candidat socialiste qui avait réalisé un score élevé en 2020, axe sa campagne sur la nécessité de « tourner la page » après ce qu’il nomme la « Barégie », dénonçant un système de gouvernance qu’il juge trop vertical. Tout en refusant une alliance avec La France insoumise au premier tour, il se dit ouvert aux fusions pour le second tour. Le paysage est complété par les candidatures de Lutte ouvrière et d’une liste sans étiquette.
L’enjeu de ce scrutin dépasse ainsi la simple désignation d’un maire. Il s’agit pour les Montalbanais de se prononcer sur un héritage politique de près d’un quart de siècle et de définir l’avenir d’une ville dont l’équilibre politique semble plus ouvert que jamais.

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