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L’ex-chef des Farc met en garde contre une spirale de haine en Colombie

Alors que le président élu promet la prison à vie pour les ex-guérilleros, l’ancien commandant Rodrigo Londoño appelle à baisser le ton. L’avenir de…

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L'ex-chef des Farc met en garde contre une spirale de haine en Colombie

Alors que le président élu promet la prison à vie pour les ex-guérilleros, l’ancien commandant Rodrigo Londoño appelle à baisser le ton. L’avenir de l’accord de paix de 2016 est en jeu.

Rodrigo Londoño, alias Timochenko, ne mâche pas ses mots. Cet ancien chef des Farc aujourd’hui dissoutes s’inquiète ouvertement des « messages de haine » qui, selon lui, pourraient raviver la violence en Colombie. Sa mise en garde intervient en réponse aux menaces du futur président Abelardo de la Espriella, un avocat novice en politique issu de la droite dure. Ce dernier qualifie Timochenko de « criminel de guerre » et veut l’emprisonner à vie. Il promet aussi de bombarder les groupes armés impliqués dans le trafic de drogue et de supprimer le tribunal spécial issu de l’accord de paix.

Ce tribunal est pourtant une pièce maîtresse de l’accord signé en 2016. Il juge les crimes commis pendant le conflit et propose des peines alternatives à la prison pour ceux qui collaborent à la vérité. De la Espriella estime que la justice a été trop clémente avec les ex-rebelles par rapport aux militaires poursuivis pour des exécutions extrajudiciaires. Il veut purement et simplement démanteler cette institution. Une décision qui pourrait faire voler en éclats un processus de paix déjà fragile. Quelque 13 000 guérilleros ont rendu les armes à l’époque, mais 492 d’entre eux ont été assassinés depuis, selon l’ONU.

Timochenko ne ferme pas la porte au dialogue. Avec six autres figures historiques des Farc, il a écrit à De la Espriella pour réaffirmer leur « engagement inébranlable » envers la paix. « Nous pouvons nous comprendre et faire avancer la Colombie malgré nos différences », insiste-t-il. Il appelle à baisser le volume des discours de haine, qu’il juge « extrêmement dangereux ». Dix ans après l’accord, la société colombienne a mûri, assure-t-il, mais la paix reste à construire ensemble. Le nouveau président prendra ses fonctions le 7 août, et l’avenir de la réconciliation est plus incertain que jamais.

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