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Les arbres français stockent deux fois moins de carbone qu’il y a vingt ans

Un rapport de l’association Canopée met en lumière une chute brutale de la capacité des forêts à absorber le CO2. La faute aux arbres qui meurent plus…

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Les arbres français stockent deux fois moins de carbone qu’il y a vingt ans

Un rapport de l’association Canopée met en lumière une chute brutale de la capacité des forêts à absorber le CO2. La faute aux arbres qui meurent plus, poussent moins vite et à des choix politiques qui pourraient empirer la situation.

C’est un signal d’alarme pour le climat. Les forêts françaises, longtemps considérées comme un allié précieux dans la lutte contre le réchauffement, perdent peu à peu leur super pouvoir. Selon un rapport de l’association Canopée rendu public lundi, la quantité de carbone absorbée par les arbres a chuté de plus de moitié depuis le début des années 2000. Ces puits de carbone naturels sont pourtant indispensables pour tenir l’objectif de neutralité carbone programmé pour 2050. Ils doivent compenser les émissions de CO2 qu’on ne pourra pas éliminer, malgré les économies d’énergie et les progrès technologiques. Mais leur efficacité s’effondre à une vitesse préoccupante.

Pourquoi cette baisse ? Plusieurs raisons s’accumulent. Les arbres meurent davantage, à cause des sécheresses et des maladies liées au changement climatique. Leur croissance ralentit. Et en même temps, les coupes augmentent. Canopée pointe du doigt la Stratégie nationale bas carbone, le plan du gouvernement pour atteindre la neutralité carbone. Dans sa dernière version, ce document prévoit une hausse de la récolte de bois de plus de 13% d’ici 2030. Or, selon l’association, cette augmentation va dégrader encore plus le puits de carbone forestier, à hauteur de 11 millions de tonnes équivalent CO2 par an. Un chiffre colossal, qui remet en cause tout l’équilibre visé.

Pour Canopée, le problème est clair : le gouvernement sacrifie les forêts sur l’autel de la baisse des émissions. En poussant à couper plus de bois pour l’énergie ou pour fabriquer des biocarburants destinés à l’aviation, on réduit d’un côté ce qu’on cherche à préserver de l’autre. Un jeu à somme nulle, dénonce l’association, qui appelle à inverser la tendance. Ses recommandations sont nettes : diminuer les prélèvements de bois et geler tout nouveau projet industriel qui mettrait davantage de pression sur les forêts. Car sans ces poumons verts, atteindre la neutralité carbone deviendra un pari impossible.

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