Économie
L’Élysée accélère la formation d’un gouvernement face à l’urgence budgétaire


Le Premier ministre Sébastien Lecornu tente de constituer dans l’urgence une équipe ministérielle réduite, tandis que la menace d’une motion de censure plane sur l’exécutif.
Le chef du gouvernement s’est rendu dimanche soir au palais présidentiel pour un entretien décisif avec Emmanuel Macron. Cette rencontre intervient dans un contexte de précipitation institutionnelle, alors que l’échéance du dépôt du projet de loi de finances impose un calendrier extrêmement serré. La Constitution exige en effet que le Parlement dispose de soixante-dix jours pour examiner le texte avant la fin de l’année civile, ce qui nécessite une transmission impérative dès mardi.
La tâche s’annonce particulièrement ardue pour le Premier ministre, reconduit dans ses fonctions mais immédiatement confronté à un paysage politique fragmenté. La défection des Républicains, jointe aux réticences des alliés centristes, complique singulièrement la composition d’une majorité viable. Face à cette situation, l’hypothèse d’un gouvernement resserré, limité aux portefeuilles régaliens et aux ministères économiques, est sérieusement envisagée.
Les tensions internes au parti Les Républicains ont éclaté au grand jour dimanche, alors que certains ministres sortants manifestaient leur intention de braver la consigne de non-participation décidée par leur formation politique. Ces dissensions illustrent la fragilité de la majorité présidentielle, d’autant que la gauche et le Rassemblement national ont d’ores et déjà annoncé leur intention de déposer une motion de censure.
Le Parti socialiste se trouve dans une position pivot, ses soixante-neuf députés pouvant théoriquement sauver le futur gouvernement. Les élus socialistes ont cependant posé des conditions exigeantes, réclamant notamment la suspension de la réforme des retraites et l’abandon du recours au 49.3. Le premier secrétaire du PS a précisé que ces mesures constitueraient un gage de bonne foi permettant d’ouvrir une nouvelle séquence politique.
L’éventualité d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale, brandie comme une menace par le chef de l’État, reste une hypothèse envisageable bien que non souhaitée par la majorité des acteurs politiques. Des voix s’élèvent pour en souligner le coût économique et l’inefficacité politique, tandis que le Premier ministre affirme ne pas écarter cette possibilité si les conditions nécessaires à son action venaient à faire défaut.





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