Société
Le procès du maire de Saint-Étienne s’ouvre sur des accusations de chantage et de détournement

L’affaire dite de la « sextape » oppose l’édile à d’anciens collaborateurs, dans une enquête aux ramifications politiques et financières.
Le tribunal judiciaire de Lyon a entamé lundi l’examen d’une affaire aux allures de thriller politico-judiciaire, mettant en cause le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, et plusieurs de ses anciens proches. Les faits reprochés incluent du chantage, de l’association de malfaiteurs et des détournements de fonds publics, le tout articulé autour d’une vidéo à caractère intime.
Les huit prévenus, tous présents à l’audience, font face à des accusations selon lesquelles une séquence filmée à l’insu de Gilles Artigues, alors premier adjoint, aurait été utilisée pour limiter son autonomie politique. L’enregistrement, réalisé en 2015 dans une chambre d’hôtel parisienne en compagnie d’un escort-boy, aurait servi de moyen de pression durant plusieurs années.
Gaël Perdriau, exclu depuis des Républicains, conteste fermement les charges retenues contre lui. Il dénonce une instruction partiale et affirme vouloir se présenter à nouveau aux municipales de 2026, malgré les risques d’inéligibilité et d’emprisonnement encourus. Selon lui, cette procédure entrave sa capacité à mener une campagne sereine.
L’affaire a éclaté en août 2022, après les révélations de Médiapart s’appuyant sur les déclarations d’un acteur central, Gilles Rossary-Lenglet. Celui-ci a confessé avoir imaginé le piège visant Gilles Artigues, avec la complicité présumée de Samy Kéfi-Jérôme, adjoint à l’Éducation, qui aurait dissimulé la caméra. L’ancien directeur de cabinet de la mairie, Pierre Gauttieri, a pour sa part reconnu une implication et affirmé que le maire avait donné son accord, tout en supervisant le volet financier de l’opération.
Le financement du stratagème, évalué à 40 000 euros, aurait transité par des subventions municipales attribuées via la « réserve du maire » à deux associations, qualifiées de « sociétés taxi » dans le dossier. Les responsables de ces structures, bien qu’ignorants de l’existence de la vidéo, sont poursuivis pour abus de confiance.
Plusieurs parties civiles se sont jointes aux débats, dont Gilles Artigues, l’ancien maire Michel Thiollière, la ville de Saint-Étienne et l’association Anticor. Le procès, qui doit durer toute la semaine, s’annonce comme une étape décisive pour la carrière politique de l’édile et pour la clarification d’une affaire aux multiples rebondissements.

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