Monde
Le Parlement iranien presse la justice de faire appliquer la loi sur le hijab

Une majorité de députés a interpellé le pouvoir judiciaire, l’accusant de laxisme face au nombre croissant de femmes qui sortent sans voile dans l’espace public.
Plus de cent cinquante élus du Majlis, la chambre basse iranienne, ont adressé une missive au chef de l’appareil judiciaire pour dénoncer son inaction présumée. Selon eux, la négligence des autorités à faire respecter le code vestimentaire islamique aurait ouvert la voie à des comportements jugés répréhensibles au sein de la société. Cette démarche, rapportée par l’agence de presse parlementaire, intervient dans un contexte de défiance accrue d’une partie de la population féminine à l’égard du port obligatoire du hijab.
Depuis plusieurs années, notamment dans les centres urbains, de nombreuses Iraniennes circulent tête nue, arborant des tenues qui s’éloignent des canons de pudeur édictés par la République islamique. Ce phénomène, perçu par les franges les plus conservatrices comme une forme de dérive morale et une influence occidentale, alimente un vif débat national. La loi actuelle, héritée de la révolution de 1979, impose aux femmes de couvrir intégralement leurs cheveux et de porter des vêtements amples.
L’exécutif, dirigé par le président Massoud Pezeshkian, semble adopter une position plus nuancée que le législatif. L’an passé, il a refusé de promulguer un texte voté par le Parlement qui prévoyait un alourdissement significatif des sanctions contre les femmes ne portant pas le voile. Le chef de l’État a, à plusieurs reprises, exprimé son opposition à toute forme de contrainte en la matière. Cette ligne politique tranche avec les pressions exercées par une partie du clergé et des factions parlementaires, qui réclament une application stricte de la législation.
Les tensions autour de cette question symbolique demeurent vives, rappelant la mobilisation historique de 2022 déclenchée par la mort de Mahsa Amini. Les autorités ont récemment procédé à la fermeture de plusieurs établissements de restauration accusés de ne pas faire respecter le code vestimentaire sur leur lieu d’exploitation. Parallèlement, des incidents, comme la publication controversée d’une photographie sur le site officiel du Guide suprême, continuent d’alimenter les polémiques entre les différentes factions du régime.

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