Culture
Le Parc de Preljocaj, une œuvre renaissante portée par une nouvelle génération
Trente-deux ans après sa création, le ballet emblématique d’Angelin Preljocaj retrouve la scène de l’Opéra de Paris. Le chorégraphe y insuffle une vitalité nouvelle en confiant ses rôles à de jeunes interprètes, dont la sensibilité actuelle redessine les contours de cette exploration chorégraphique des jeux amoureux.
Le chorégraphe Angelin Preljocaj a entrepris de remonter son ballet *Le Parc* avec le Ballet de l’Opéra de Paris. Pour la majorité des danseurs concernés, dont plusieurs étoiles, il s’agit d’une première expérience avec cette pièce majeure, créée en 1992 pour la même institution. L’œuvre, célèbre pour son final où un couple s’abandonne dans un tournoiement sensuel, est ainsi réinvestie par des corps et des esprits imprégnés d’une époque différente.
Selon l’artiste, rencontré lors des répétitions au Palais Garnier, chaque génération apporte sa propre physicalité, modelée par le contexte social dans lequel elle évolue. Cette recréation permet dès lors à l’œuvre de résonner avec les questionnements contemporains, notamment ceux liés à la redéfinition des relations et à la notion de consentement. Le ballet, qui puise son inspiration dans la littérature classique française, dépeint sur un plateau évoquant un jardin à la française les multiples facettes de la séduction, entre attirance et retenue, sous l’œil impassible de figurants.
Figure majeure de la danse contemporaine, Angelin Preljocaj, récemment élu à l’Académie des Beaux-Arts, poursuit parallèlement un parcours artistique foisonnant. Ses collaborations, aussi variées que celles engagées avec l’écrivain Laurent Mauvignier ou avec des musiciens électroniques, témoignent d’une curiosité intacte. Prochainement, il présentera au Musée d’Orsay une création en deux volets, *Hommes au bain* et *Femmes au bain*, inspirée des œuvres de Caillebotte et Degas, interrogeant ainsi la représentation du corps et de l’intime.
Pour le chorégraphe, la capacité à continuer d’inventer et de s’émerveiller constitue le privilège essentiel de la vie d’artiste. Cette recréation de *Le Parc* incarne précisément cet état d’esprit, où la maturité du créateur rencontre la fraîcheur d’interprétation d’une nouvelle génération, assurant à l’œuvre une perpétuelle et nécessaire métamorphose.
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