Monde
Le nouveau chef militaire du Hamas éliminé par une frappe israélienne à Gaza


Moins de deux semaines après l’assassinat de son prédécesseur, le commandant fraîchement nommé de la branche armée du Hamas a été tué dans une opération israélienne menée malgré le cessez-le-feu en vigueur.
L’État hébreu a annoncé mercredi avoir neutralisé la veille Mohammed Odeh, dirigeant des Brigades Ezzedine al-Qassam, lors d’un bombardement dans la bande de Gaza. Ce haut responsable, présenté par Jérusalem comme l’un des cerveaux de l’attaque du 7 octobre 2023, succombait onze jours après l’élimination de son prédécesseur Ezzedine al-Haddad.
Les Brigades Ezzedine al-Qassam ont confirmé dans la soirée la disparition de leur chef d’état-major, dénonçant une « opération d’assassinat lâche » qui a également coûté la vie à son épouse et à plusieurs de ses enfants. Une source interne au Hamas a précisé que trois de ses enfants avaient péri avec lui, dont deux fils majeurs et une fille mineure.
L’armée israélienne et le Shin Bet, l’agence de sécurité intérieure, avaient indiqué plus tôt que cet homme, considéré comme l’un des principaux architectes du massacre du 7 octobre, avait été visé dans le nord du territoire palestinien. Le Hamas a reconnu son rôle dans la conception et la planification de cette attaque qui avait fait 1 221 morts côté israélien, en majorité des civils.
À Gaza-ville, plusieurs centaines d’hommes et d’adolescents ont participé aux funérailles en brandissant des drapeaux verts du mouvement et des portraits du défunt. Un de ses cousins a dénoncé un assassinat délibéré visant à « détruire la joie de la fête » pour les musulmans et les Palestiniens, alors que la communauté célébrait l’Aïd al-Adha.
Mohammed Odeh avait longtemps dirigé les services de renseignement des Brigades Ezzedine al-Qassam. Sa nomination à la tête de la branche armée pour succéder à Ezzedine al-Haddad, tué le 15 mai, n’avait jamais été officiellement confirmée par le mouvement islamiste. Il figurait parmi les derniers hauts responsables militaires du Hamas encore en vie après la mort de Mohammed Deïf en juillet 2024, puis celle de Yahya Sinouar en octobre de la même année.
Un porte-parole arabophone de l’armée israélienne a ironisé sur le caractère éphémère de cette fonction, affirmant que la question n’était plus de savoir qui serait le prochain mais combien de temps il lui resterait. Le ministre de la Défense israélien a promis d’éliminer tous les responsables du massacre du 7 octobre et de mettre fin à la domination du Hamas sur Gaza.
Au Liban, le Hezbollah, allié du Hamas, a présenté ses condoléances tout en affirmant que les tentatives israéliennes d’affaiblir la résistance en ciblant ses chefs étaient vouées à l’échec. Plus de 72 800 Palestiniens ont péri dans les représailles militaires israéliennes depuis le 7 octobre, dont plus de 900 après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre 2025, selon les données du ministère de la Santé de Gaza, jugées fiables par l’ONU.





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