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Le nouveau chef de l’Église orthodoxe géorgienne prend ses fonctions

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L’intronisation de Chio III, 142e patriarche-catholicos, s’est déroulée en présence des plus hautes figures politiques du pays, dans un climat marqué par les tensions entre l’institution religieuse et les aspirations européennes de la Géorgie.

La cérémonie s’est tenue dans la cathédrale Svetitskhoveli de Mtskheta, haut lieu spirituel situé aux abords de Tbilissi. Les chants liturgiques ont résonné entre les murs de pierre de cet édifice millénaire pour consacrer l’élection du nouveau patriarche, âgé de cinquante-sept ans. Chio III, de son nom civil Elizbar Moudjiri, a été désigné la veille par le Saint-Synode, instance dirigeante de l’Église. Formé en Géorgie puis en Russie, il est perçu comme un allié du parti au pouvoir, le Rêve géorgien.

Cette formation politique est régulièrement critiquée pour sa dérive autoritaire présumée et pour avoir éloigné le pays caucasien des institutions européennes au profit d’un rapprochement avec Moscou, accusation que le parti conteste fermement. Le milliardaire Bidzina Ivanichvili, fondateur du Rêve géorgien et figure la plus influente du pays, assistait à l’intronisation aux côtés du Premier ministre Irakli Kobakhidzé, également issu de ce parti.

Des observateurs estiment que les liens étroits du nouveau patriarche avec l’Église russe et le pouvoir en place pourraient renforcer l’influence de Moscou dans la région. Chio III succède à Ilia II, décédé à quatre-vingt-treize ans après près d’un demi-siècle à la tête de l’Église orthodoxe géorgienne. Sous son autorité, l’institution avait considérablement accru son emprise sur la vie publique et politique. Certains lui reprochent toutefois une attitude jugée trop mesurée face à la répression gouvernementale contre l’opposition et la société civile, ainsi qu’un soutien affiché aux lois conservatrices et une absence de contestation du pouvoir en place.

La présence d’un émissaire du président russe Vladimir Poutine aux obsèques d’Ilia II a constitué un événement notable, puisqu’il s’agissait de la première visite d’un représentant officiel russe à Tbilissi depuis près de vingt ans. Les relations diplomatiques entre les deux pays demeurent rompues depuis le conflit armé de 2008. Depuis cette date, environ un cinquième du territoire géorgien, incluant l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, est placé sous contrôle de facto de la Russie.

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