Économie
La cagnotte fiscale des carburants s’évapore avec la chute de la consommation
Le gouvernement ne perçoit plus de surplus de recettes lié à la flambée des prix à la pompe, la baisse de la demande ayant effacé les gains antérieurs. Cette situation prive l’exécutif d’une marge de manœuvre budgétaire et désamorce les appels politiques à une réduction des taxes.
Les espoirs de recettes fiscales supplémentaires, nés de l’envolée des prix des carburants consécutive aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, se sont évanouis. Le Premier ministre avait évoqué la possibilité de ces surplus pour financer des aides aux secteurs économiques fragilisés et son plan d’électrification. Mais la donne a changé avec une contraction marquée de la consommation.
Au cours des dix premiers jours de mai, les recettes issues des carburants ont chuté d’environ 300 millions d’euros. Cette baisse s’explique par une diminution de près d’un tiers des volumes achetés. Le chef du gouvernement a lui-même souligné ce recul sur les réseaux sociaux, précisant que les effets de la crise se répercutaient désormais directement sur les finances publiques.
Après avoir enregistré un surplus fiscal de l’ordre de 190 millions d’euros sur les mois de mars et avril, la situation s’est inversée. Depuis le 1er mars, les recettes sont inférieures de 105 millions d’euros à celles perçues sur la même période l’année précédente. Matignon insiste sur le fait qu’il n’y a jamais eu de cagnotte, les baisses de consommation ayant rapidement compensé les gains ponctuels liés à la hausse des prix.
La mécanique fiscale explique ce retournement. Les accises, impôt fixe calculé sur le volume, diminuent mécaniquement lorsque les automobilistes réduisent leurs achats. En revanche, la hausse des prix génère davantage de TVA. Ce double effet avait alimenté l’idée d’un surplus, dont l’évaluation a varié au fil des semaines. Le Premier ministre avait initialement estimé ce surplus à 270 millions d’euros avant de le ramener à 190 millions pour la période mars-avril, promettant de l’affecter intégralement aux aides ciblées.
La porte-parole du gouvernement a tempéré ces perspectives en rappelant que l’État ne tire jamais profit d’une crise, entre la perte de croissance, la baisse de la consommation et le coût des dispositifs d’aide déployés. Contraint par la discipline budgétaire et menacé par une récession, l’exécutif privilégie des mesures ciblées plutôt qu’une baisse générale de la fiscalité.
Le Premier ministre a toutefois reconnu que la persistance de la crise imposait un changement d’échelle. De nouvelles annonces sont attendues sous une semaine, avec l’ambition d’élargir le périmètre des bénéficiaires. L’objectif affiché est de concilier la maîtrise du déficit public avec la protection du pouvoir d’achat des ménages les plus modestes.
Cette question est devenue un enjeu politique majeur en période de pré-campagne présidentielle. Le Rassemblement national réclame une baisse des taxes sur l’énergie, tandis que le chef de file des députés Républicains estime que l’État engrange des recettes supplémentaires et propose de les utiliser pour réduire le prix du litre de 10 centimes. Il avait avancé le chiffre de deux à trois milliards d’euros de surplus, loin des estimations gouvernementales. Les taxes représentent près de 60 % du prix à la pompe, mais moins de la moitié de ces recettes revient à l’État, le reste étant réparti entre les régions et les départements.
-
NewsEn Ligne 5 joursLe CBD alimentaire interdit en France dès le 15 mai
-
SociétéEn Ligne 7 joursJohn Malkovich, citoyen d’honneur de la Croatie
-
NewsEn Ligne 4 joursChristophe Michalak troque ses fourneaux pour le guidon et cède son empire pâtissier
-
SociétéEn Ligne 6 joursLa suspension des décrets retraites plonge des milliers de salariés dans l’attente
-
NewsEn Ligne 6 joursFraudes à l’Assurance Maladie : une hausse vertigineuse de 134 % en Pays de la Loire
-
NewsEn Ligne 3 joursUn avion de voltige s’écrase à Clermont-Ferrand, le pilote décède sur le coup
-
Faits DiversEn Ligne 2 joursSaut périlleux pour une enfant de 9 ans à Châtellerault
-
Faits DiversEn Ligne 6 joursLe quotidien libanais Al-Akhbar porte plainte à Paris contre un consultant de BFMTV