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Le 9-Mai à Moscou : une victoire sans faste, un cessez-le-feu sans illusion

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Dans une capitale russe privée de connexion mobile et marquée par la défiance, les commémorations de la victoire de 1945 se sont déroulées sans enthousiasme populaire, tandis que l’annonce d’une trêve avec Kiev n’a suscité qu’un scepticisme mesuré.

Les célébrations du 81e anniversaire de la capitulation allemande ont eu lieu samedi à Moscou dans une atmosphère singulière, entre déploiement policier massif et absence d’accès à internet mobile. Les autorités avaient justifié cette restriction par des impératifs de sécurité, redoutant des frappes de drones ukrainiennes, alors que le conflit entamé en février 2022 se poursuit sans relâche.

Dans les rues de la capitale, peu de promeneurs et encore moins d’effervescence. Elena, économiste de 36 ans, exprime son agacement face à l’impossibilité de se connecter. « J’ai besoin d’internet, et il n’y en a pas », lâche-t-elle, tout en reconnaissant attendre la paix depuis longtemps. La trêve de trois jours annoncée par Donald Trump et acceptée par Kiev a pourtant été accueillie avec prudence. « Ce n’est pas pour bientôt, même si nous la voulons tous », ajoute-t-elle.

Lidia, 82 ans, partage ce sentiment mitigé. « Nous devons signer des accords de paix, mais d’abord chasser les Ukrainiens de notre territoire », affirme-t-elle, reprenant les revendications du Kremlin sur les régions orientales de l’Ukraine. Le président Vladimir Poutine, dans un discours de moins de dix minutes sur la place Rouge, a réaffirmé le caractère « juste » de l’offensive russe.

Les rues de Moscou étaient pourtant ornées de drapeaux russes et d’affiches célébrant la mémoire de la Grande Victoire. Mais l’animation était loin de celle déployée l’année précédente pour le 80e anniversaire, marqué par la présence de nombreux dirigeants étrangers. Cette année, le défilé militaire s’est achevé en 45 minutes, discours présidentiel compris.

Pour Daniil, 26 ans, ce 9-Mai n’a rien de particulier. « Un jour comme un autre », dit-il en se rendant à la salle de sport. Interrogé sur la trêve, il répond d’un simple « non ». Oksana, infirmière venue de l’Oural, tente de s’orienter dans les rues désertes. Sans réseau mobile, elle a pris soin de photographier un plan avant de quitter son domicile. Un détail qui illustre l’ambiance d’une journée où la mémoire historique peinait à rivaliser avec les préoccupations du quotidien.

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