Économie
L’Asie centrale survit grâce à l’exode de ses travailleurs en Russie
Des milliards de dollars envoyés par les migrants transforment les villages et soutiennent des économies entières, malgré les risques croissants.
L’émigration massive vers la Russie constitue une bouée de sauvetage pour les pays d’Asie centrale. Les transferts d’argent des travailleurs expatriés financent routes, écoles et infrastructures locales, tout en représentant une part colossale du PIB national. Au Tadjikistan, ces envois atteignent près de 50 % de la richesse produite, un record mondial, tandis qu’ils représentent un quart du PIB kirghiz et 14 % de celui de l’Ouzbékistan.
Les salaires modestes dans ces pays – autour de 220 euros mensuels au Tadjikistan, 400 au Kirghizstan – poussent des millions de travailleurs à tenter leur chance en Russie. Leurs envois ont même augmenté en 2024, dopés par la dépréciation des monnaies locales et la hausse des rémunérations en Russie, où la guerre en Ukraine a créé une pénurie de main-d’œuvre. Sans ces fonds, le taux de pauvreté exploserait, passant de 29 % à 41 % au Kirghizstan.
Dans les villages, cet argent change le quotidien. À Kyzyl-Jol, au Kirghizstan, une bibliothèque et un gymnase ont été construits grâce aux cotisations des migrants. « Avant, les enfants jouaient dans la poussière. Maintenant, ils ont un vrai terrain de sport », se réjouit un enseignant. Au Tadjikistan, des routes et des écoles sortent de terre grâce à des systèmes de solidarité villageoise, où chacun contribue selon ses moyens.
Mais la situation se complique. Les expulsions et les contrôles policiers violents se multiplient en Russie, où des centaines de milliers de Centrasiatiques ont été contraints de rentrer depuis 2023. Certains, naturalisés russes, ont même été envoyés sur le front ukrainien. Les attentats de Moscou en 2024, impliquant des ressortissants d’Asie centrale, ont encore durci les politiques migratoires.
Malgré leur dépendance économique, les dirigeants centrasiatiques critiquent désormais ouvertement le traitement réservé à leurs citoyens. Le président tadjik a dénoncé les « centaines de cercueils » rapatriés, tandis que son homologue kirghiz mise sur le retour des migrants pour relancer l’économie locale. Pour beaucoup d’entre eux, l’espoir est désormais de reconstruire leur pays plutôt que de repartir. « Si les conditions s’améliorent ici, peut-être que l’exode cessera », murmure un ancien migrant, les yeux rivés sur le chantier qu’il supervise.
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