Société
Marine Le Pen réaffirme la voie médiane du RN sur l’économie après un désaccord avec Bardella


La triple candidate à la présidentielle a rappelé la ligne économique du parti, entre libéralisme et interventionnisme, deux jours après une dissonance publique avec Jordan Bardella sur la taxation des superprofits pétroliers.
À Mâcon, devant quelque cinq mille sympathisants réunis dans la salle de spectacle Le Spot, Marine Le Pen a tenu à clarifier la position du Rassemblement national sur les questions économiques. Cette mise au point intervenait après un couac médiatique survenu mercredi, lorsque la cheffe de file avait jugé « normal » de taxer les superprofits engrangés grâce au conflit en Iran, tandis que le président du parti estimait que créer de nouveaux impôts n’était pas une priorité. Pour dissiper toute ambiguïté, Mme Le Pen a défendu une « voie médiane » qui ne serait ni celle du tout-marché ni celle du tout-État, une vision qu’elle a présentée comme l’héritage de Colbert, Richelieu et de Gaulle.
La triple candidate a puisé dans le répertoire de Jacques Chirac pour évoquer une « ambition inachevée de réparer la fracture sociale », tout en empruntant à François Mitterrand l’image de la « force tranquille ». Ces références trahissent sa volonté de se présenter à l’élection présidentielle de l’année prochaine, si la justice ne l’en empêche pas. Elle a salué les « conquêtes sociales arrachées à l’égoïsme des logiques économiques à courte vue », telles que la Sécurité sociale, les retraites ou l’assurance-chômage, avant de fustiger « l’assistanat », la « paresse » et les « profiteurs ». Sans renier le patrimoine légitimement acquis, elle a déploré que le travail ne soit pas suffisamment rémunéré.
Jordan Bardella, qui pourrait être désigné candidat en cas de retrait de sa mentor, a profité de l’occasion pour attaquer ses rivaux potentiels, Gabriel Attal, Édouard Philippe et Bruno Retailleau, les accusant d’avoir exécuté la politique d’Emmanuel Macron. Il leur a lancé qu’ils devraient « se couvrir la tête de cendres et demander pardon au peuple français » plutôt que de se présenter. Le jeune président du parti a également développé sa vision de l’école, qu’il veut voir devenir le creuset d’une société du mérite, avec l’imposition de l’uniforme et le vouvoiement du personnel éducatif. Il a cité De Gaulle, Napoléon et Jeanne d’Arc, traditionnellement célébrée en ce 1er-Mai rebaptisé « fête de la Nation », pour marteler la nécessité de « reprendre le contrôle des frontières ».
Ce dernier meeting avant l’été et la date fatidique du 7 juillet, où la cour d’appel de Paris se prononcera sur le sort de Marine Le Pen, s’est conclu par une démonstration d’unité entre les deux dirigeants. À l’extérieur, environ deux mille cinq cents personnes ont participé à la manifestation du 1er-Mai à Mâcon, un chiffre bien supérieur à la normale, témoignant de l’enjeu électoral à un an de la présidentielle.





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