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Les derniers mois du quinquennat s’annoncent dans une atmosphère de départ accéléré au palais de l’Élysée

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À un an de l’élection présidentielle, les départs se multiplient au sein de l’exécutif, alors que le chef de l’État s’efforce de maintenir un rythme d’action intense.

Le secrétaire général de l’Élysée, Emmanuel Moulin, a annoncé son départ après seulement un an de service. Ce haut fonctionnaire, qui avait dirigé le Trésor puis le cabinet de Gabriel Attal à Matignon, quitte un poste clé au sommet de l’État. Son prédécesseur, Alexis Kohler, était resté huit années durant, véritable pilier discret de la présidence.

Depuis le début de l’année, une dizaine de conseillers ont déjà quitté leurs fonctions pour embrasser de nouvelles carrières dans le secteur public ou privé. « C’est une maison qui se vide progressivement, mais cette fois, le mouvement est précoce », observe une source proche des institutions. Les élections se dérouleront dans un peu plus d’un an, et le calendrier semble s’accélérer.

La dissolution de 2024, qui n’a pas produit les effets escomptés, a privé le président de majorité et de marges de manœuvre sur le plan intérieur. Son impossibilité de se représenter en 2027 le place en situation de sursis précoce.

D’après Bernard Poignant, ancien conseiller spécial de François Hollande, les départs s’intensifient généralement en janvier, trois mois avant le scrutin, une fois le dernier budget bouclé. Mais cette année, les mouvements ont débuté plus tôt. Les deux secrétaires générales adjointes ont déjà rejoint d’autres institutions : l’une à la présidence du Réseau de transport d’électricité, l’autre à la tête de la Caisse nationale des allocations familiales. La conseillère pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient a pris la direction de l’Institut du monde arabe, tandis que la conseillère Culture a succédé à Rachida Dati au ministère de la Culture.

Emmanuel Moulin a justifié son départ par son souhait de briguer la présidence de la Banque de France. Une candidature qui doit recueillir l’aval des commissions des Finances des deux chambres. « Il coche toutes les cases, mais le contexte rend plus difficile la validation de profils macronistes », confie un membre du gouvernement.

Son successeur, Pierre-André Imbert, ambassadeur de France en Australie et ancien secrétaire général adjoint de la présidence, prendra ses fonctions lundi. Sa mission consistera à mener le navire présidentiel jusqu’à son terme et à assurer la transition.

Jusqu’au dernier moment, les conseillers continueront de transmettre au chef de l’État toutes les informations nationales et internationales. « Chacun sait que cela se termine, mais le travail continue. Après l’euphorie des débuts, une certaine mélancolie s’installe », raconte Bernard Poignant.

Pour l’instant, rien de tel ne transparaît à l’Élysée. Emmanuel Macron multiplie les déplacements, alternant les rôles de chef des armées, de défenseur de la régulation des réseaux sociaux pour les mineurs et de soutien à l’Ukraine. Son agenda est chargé : Pologne, sommet européen à Chypre, Grèce, exercices militaires dans l’est de la France, Arménie, tournée africaine, puis sommet du G7 à Évian.

Dans ce tourbillon, une équipe restreinte et aguerrie reste soudée autour du président. Ses deux conseillers en communication veillent à ce qu’il demeure sous les projecteurs, alors que l’attention se tourne déjà vers la succession. Certains évoquent déjà 2032 pour celui qui, en 2027, deviendra le plus jeune ancien président de la Ve République. « À peine 50 ans, il cherchera un avenir à la hauteur de ses aspirations, pour lui et pour le pays », anticipe un proche.

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