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Téhéran relance la diplomatie avec une nouvelle offre à Washington

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L’Iran a remis une proposition inédite au Pakistan, médiateur des discussions, pour tenter de sortir de l’impasse autour du détroit d’Ormuz, alors que le conflit avec les États-Unis et Israël s’enlise dans des formes de guerre économique et énergétique.

L’agence officielle iranienne Irna a révélé vendredi que Téhéran avait transmis la veille au soir un nouveau texte au Pakistan, pays qui s’est imposé comme intermédiaire entre les deux capitales. Si l’agence n’a pas dévoilé la teneur de cette proposition, elle a précisé qu’elle visait à relancer les pourparlers en vue d’une cessation durable des hostilités. Depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril, après près de quarante jours de bombardements israélo-américains sur l’Iran et de ripostes régionales de Téhéran, les combats directs ont cessé mais le conflit a pris un autre visage. Washington a imposé un blocus des ports iraniens en représailles au verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran, passage stratégique par lequel transitait, avant le conflit, un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Le président américain Donald Trump, qui avait déjà rejeté une précédente offre iranienne, a averti mercredi que les Iraniens avaient tout intérêt à se montrer plus habiles et plus rapides. Il a évoqué la possibilité de maintenir le blocus pendant plusieurs mois, tandis que son administration laisse entendre qu’elle pourrait passer outre l’obligation de solliciter l’aval du Congrès pour poursuivre la guerre, une perspective qui laisse les démocrates impuissants. Face à ces menaces, Téhéran se montre inflexible. Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a déclaré vendredi que la République islamique n’avait jamais fui les négociations mais qu’elle refusait toute politique imposée de l’extérieur, ajoutant que les États-Unis n’avaient rien obtenu de leur campagne militaire.

Les répercussions économiques de ce conflit se font sentir à l’échelle planétaire. Le Brent, référence mondiale du brut, a brièvement dépassé les 126 dollars jeudi, un niveau inédit depuis l’invasion de l’Ukraine début 2022, avant de redescendre autour de 112 dollars vendredi. Le patron de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a estimé que le monde traversait la plus grave crise énergétique de son histoire, tandis que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est alarmé de l’étranglement de l’économie mondiale provoqué par la paralysie du détroit d’Ormuz.

Sur le terrain, la trêve a permis aux Iraniens de retrouver une certaine normalité, mais leur quotidien reste lourdement affecté par une inflation galopante et un chômage en hausse, dans un pays déjà fragilisé par des décennies de sanctions internationales. Un habitant de 28 ans, dont l’entreprise a licencié près de 40 % de son personnel, témoigne que payer le loyer et acheter de la nourriture est devenu un défi pour beaucoup. Un étudiant de 18 ans confirme que tout est devenu dix fois plus cher depuis le début du conflit, sans aucun prix fixe, des cigarettes à l’alimentation. Au Liban, où Israël poursuit ses opérations contre le Hezbollah, de nouvelles frappes ont fait au moins dix-sept morts jeudi dans le sud du pays. L’ambassade américaine à Beyrouth a appelé à une rencontre entre le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, estimant que le Liban se trouvait à un tournant. Depuis début mars, les opérations israéliennes ont causé plus de 2 500 morts et déplacé plus d’un million de personnes.

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